Créateur de suspensions en bois découpé pour vos décorations de Noël. Cet artisanat, unique et original, demande patience et minutie.

Une scie à chantourner, voilà ce qu’utilise André Boyer pour ses charmantes créations de bois, qui se suspendent aux branches d’un sapin de Noël, sur le rétroviseur intérieur d’un véhicule ou sur tout ce qui peut servir de support décoratif. La scie à chantourner est une machine ludique qui donne accès à un grand nombre de réalisations intéressantes : puzzles, figurines, décorations, marqueteries… La technique consiste à découper des pièces de bois selon les courbes d’un dessin. La lame de la machine effectue un va-et-vient du haut vers le bas. C’est donc la pièce de bois qui tourne autour de la lame en fonction du contour à réaliser. Le dessin est d’abord reporté sur la pièce à découper, des trous sont réalisés afin d’enfiler la lame, il ne reste plus qu’à faire la découpe et le ponçage. « C’est une technique qui nécessite beaucoup de patience pour arriver au résultat souhaité, explique André. Je travaille sur du contre-plaqué, mais tous les bois peuvent être utilisés pour cet artisanat. C’est une histoire de fragilité et de finesse, de minutie et de précision pour créer les courbes et les angles du dessin. Je découpe ainsi des flocons, des personnages, des anges, des crèches… Dernièrement, j’ai réalisé une truite pour un ami pêcheur ! »

Ce gapençais pure souche de 54 ans occupe ainsi ses longues soirées d’hiver, chez lui, dans son atelier, guidé par la passion et le plaisir. Car André Boyer, ancien peintre en bâtiment, travaille depuis quelques années dans la menuiserie aluminium (création de fenêtres, portes, façades ou volets en alu). Alors, le bois reste un loisir, un passe-temps, une façon d’exprimer son talent artistique. « A l’origine, j’avais acheté une scie à chantourner pour mon fils, qui finissait des études de menuiserie et de marqueterie (petits ouvrages de bois ou d’une autre matière que l’on applique sur un meuble par feuilles minces ou placages, formant divers dessins). Et puis, il a changé de direction professionnelle, alors j’ai appris à me servir de la machine, par curiosité. Après de nombreux tests et entraînements, je me suis mis à fabriquer ces suspensions et c’est devenu une passion. »
Depuis, notre Gepetto autodidacte a intégré l’association l’Establon à Embrun, qui lui sert de structure et l’aide à trouver des marchés artisanaux pour exposer et vendre ses œuvres. Le prix d’une suspension est dérisoire (entre 1 et 4 euros), mais cela lui suffit à rembourser ses fournitures !

Son travail est visible jusqu’à fin décembre dans les nouveaux locaux de l’Establon, au 4 rue Chaffuel à Embrun, dans le cadre de l’expo-vente « l’Arche de Noël ».

 

Texte : Marianne Alphand
Photos : André Boyer