Entretien avec Rémi Roux,
Bureau des Guides et Accompagnateurs en Montagne de l’Embrunais.

Guide de Haute Montagne, c’est un métier de passionnés, en contact direct avec l’humain et la nature.

Rémi Roux, 57 ans, est guide de Haute Montagne dans l’embrunais et moniteur de ski aux Orres. Ce haut-alpin a connu la naissance du bureau des guides d’Embrun au début des années 80. Aujourd’hui, ils sont 6 guides et accompagnateurs permanents, rejoints par d’autres guides en renfort à la haute saison.

Comment devient-on guide de Haute Montagne ?
« On devient guide avant tout par passion de la montagne. On pratique généralement depuis des années et puis ça devient une évidence. Plus qu’un métier, c’est un style de vie. Une seule école forme et conduit au diplôme d’Etat : c’est l’Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme située à Chamonix. C’est une formation de quatre ans, avec des épreuves techniques, des examens et des stages encadrés par des professionnels. Tous les 6 ans, on passe un « recyclage », lié à l’obtention de la carte professionnelle. Nous sommes des travailleurs indépendants, en profession libérale, d’où l’intérêt de se regrouper en bureau, pour centraliser la demande. »


Quelle est la différence avec un accompagnateur ?
« L’accompagnateur a comme terrain de jeu la moyenne montagne, il va se concentrer sur les zones non-enneigées, en rando pédestre. Il n’a pas le droit d’utiliser du matériel technique pour la progression, comme la corde ou le piolet. Il a une bonne connaissance du patrimoine, de l’environnement, de la faune et de la flore. »

Dans votre secteur à quelle période avez-vous le plus de demandes ?
« L’été, incontestablement. On est dans la vallée de la Durance, et beaucoup de gens fréquentent les abords du lac en cette saison. Ils veulent partager des activités variées et pour tous les âges. On a une clientèle familiale, qui nous pousse à nous diversifier. Alors, outre la randonnée et le trekking, on propose des Via ferrata, des chasses au trésor, du canyoning, de l’alpinisme, de l’escalade, et même des balades à dos d’âne ! »

Et l’hiver, quels sont les secteurs de l’Embrunais les plus prisés pour le ski de rando et le ski hors-piste?
« On a de jolis hors-pistes dans la vallée de Crévoux, de belles randos aux Orres avec le col de l’Ane ou Côte ronde, des reliefs boisés et des versants de tous côtés. On va aussi à Réallon au Col de la Gardette. Des crêtes, on a un panorama magnifique sur le lac de Serre-Ponçon, et sur les abords du parc des Ecrins. Bref, on triangule l’Embrunais avec ces trois secteurs. Ce qui ne nous empêche pas de nous déplacer partout dans les Alpes selon la demande et l’enneigement. »


Comment procédez-vous pour sécuriser vos clients en montagne ?
« Tout d’abord, un bon équipement est indispensable à toute progression hors secteur balisé. Détecteur de Victime d’Avalanche, pelle et sonde sont les trois éléments indissociables à emporter. On amène des éléments techniques et pédagogiques. On apprend à nos clients à se servir du matériel, on teste leur niveau et on donne une approche progressive. Les gens viennent avec l’envie de découvrir, on leur apporte des connaissances sur le terrain dans lequel ils évoluent. La relation de confiance est primordiale. On évite les secteurs à risque et on s’appuie sur les bulletins météo en privilégiant alors certaines approches comme des tracés ou des traversées que l’on sait adaptées et plus sécurisantes. On fait en sorte que le plaisir prime sur le stress, en les accompagnant sur de la bonne neige, avec l’effort régulier d’une ascension en peaux de phoque, le plaisir de la descente et la joie de profiter de panoramas magnifiques. »

Bureau des Guides
47, Rue Clovis Hugues, 05200 Embrun
Tél: 04 92 43 02 75 /
Site internet: www.guides-embrun.com

Propos recueilli par Marianne Alphand
Photos : Rémi Roux