Kayakiste professionnel, je vogue sur de nombreuses lagunes à la découverte de fabuleux paysages souvent empreints d’une richesse culturelle et naturelle. Nous avons, avec des amis, cherchés à explorer de nouvelles destinations. C’est presque par hasard que nos doigts se sont posés sur Venise et sa lagune.

Une fois les informations prises, nous nous sommes rendus compte que cette lagune est immense (550 km2), et qu’il nous serait difficile de la découvrir sur une semaine. Nous décidons donc de nous concentrer sur le nord et les îles autour de celles de Venise. Nous choisissons un hébergement sur le Lido Di Jesolo, bande de sable (Lido en italien) qui sépare l’Adriatique et la lagune proche de la porte San Nicolò. L’embarquement est possible des deux côtés et l’hébergement est à un tarif inférieur à ce qu’il est possible de trouver vers Mestre (la ville côté terre reliée à Venise par le pont de l’Europe).

Etant impressionnés par la circulation qui règne sur la lagune, nous décidons le premier jour de mettre le cap vers des îles habitées mais plus tranquilles en terme de fréquentation : Burano et Torcello. La première offre des façades très colorées. La petite histoire raconte que cette île abritait des pêcheurs et leurs femmes dentelières. Pour être sûres que leurs maris marins rentrent, elles avaient peint les façades avec des couleurs vives pour qu’ils puissent toujours apercevoir leurs maisons de loin. C’est dans cette ambiance que nous naviguons sur nos premiers canots. Cette première navigation nous permet d’apprécier une grande diversité en termes de flore et de faune. Puis, c’est le départ vers Torcello, île chargée d’histoire avec sa cathédrale Santa Maria Assunta du 7ème siècle.
Rédaction : Guillaume LAVAUR Crédit photo : Paul Villecourt.

En kayak, nous sommes bien petits face aux bateaux de transport qui naviguent toute la journée sur la Lagune. Ils passent sur des canaux balisés par le Duc d’Albe (”bricole” en italien), et sont régulièrement dragués afin d’offrir un tirant d’eau suffisant. En effet, du fait de la configuration géographique de l’Adriatique, il existe des marais sur la lagune qui peuvent avoir jusqu’à 80 cm de marnage en période normale. Il faut donc naviguer en dehors des canaux pour éviter les marais.
Après un premier jour concluant, nous sommes armés pour aller vers des zones plus fréquentées et toutes aussi belles : Murano, l’île San Michele, Venise, la Giudecca, le Lido… Après 8 à 15 kms de navigation quotidienne, nous profitons de chaque île pour nous balader, visiter et rencontrer les autochtones.
Il nous a fallu rapidement apprendre que la circulation dans les canaux étroits de Venise s’effectue à gauche, les gondoles ayant leur rame à droite pour pouvoir manœuvrer.
A Venise, en kayak, nous avons un point de vue unique sur la ville et les îles. Seuls les vénitiens peuvent en bénéficier d’ordinaire. Cela nous permet d’être loin du tumulte touristique.
Aujourd’hui moniteur de kayak, je propose de découvrir ces paysages et cette ambiance au cœur de Venise. Les départs ont lieu en mai et septembre.
Toutes les informations sont à retrouver sur : www.echappeeverte.com.

Rédaction : Guillaume Lavaur / Photos : Paul Villecourt