Je viens de fêter mes 25 ans, cela représente un carrefour de ma vie.
La vie m’a appris à profiter pleinement de chaque seconde de mon existence. Je vais donc, en l’espace de deux ans, quitter la vie française pour les routes du monde, quitter mon métier de vendeur pour vivre pour le savoir-vivre, la compétition pour connaître la complicité.

Des vestiges romains aux temples aztèques en passant par l’empire Inka, je veux connaître la simplicité, réapprendre la confiance, la tolérance, l’humilité et le partage.
Sportif de nature et compétiteur dans l’âme, pressé de vivre au plus profond de moi-même par le voyage et l’aventure, inspiré par des rencontres ou conférences de voyageurs et alpinistes ou chanteurs qui ont marqué ma vie (Jean-Louis Etienne, Jean-Christophe Lafaille, Manu Chao…), je décide de tenter l’aventure.

Pendant les 2 ans de mon tour du monde j’irai à la rencontre des populations du monde, afin d’apprendre leurs recettes, leur culture et de faire un échange interculturel et culinaire sur chaque pays, avec les enfants des écoles du monde et du bassin gapençais par l’intermédiaire de mon site web.
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J’ai toujours voyagé sur mon vélo. Après avoir parcouru l’Europe de Gap à Oslo par l’Europe de l’est, j’arrive en Alaska. Je passe sur la route « top of the word » qui relie l’Alaska au Canada par une sublime province : le Yukon. Cette région est célèbre dans un livre de Jack London que j’ai dû lire 100 fois. Je traverse par bac (traversier) au milieu des voitures la rivière du Yukon pour rejoindre Dawson city. Cette ville western m’enchante par son style inchangé avec ses palissades en bois et son look à la Lucky Luke.

Puis, je prends la route pour le sud du Canada par l’Alaska hayway. Je croise 4 américains avec qui je fais le chemin (une folle descente de plus de 2000 kms) jusqu’à Whitehorse. Je roule par tous les temps, mais le Yukon nous mène la vie dure avec des pluies glaciales. Grâce au groupe, on garde un moral à toute épreuve. Nous roulons plus de 160 kms chaque jour au milieu des paysages montagneux à perte de vue, nous longeons régulièrement des lacs d’un bleu nuit reflétant le ciel souvent menaçant.
Enchaîner autant de kilomètres à vélo dans ce décor incroyable est motivant dès que le soleil apparait. Je prends conscience de la chance que j’ai de voir ce pays où je m’imprègne de chaque mètre parcouru…je suis touché par les paysages à la fois forts et fragiles.

Tous les jours, j’ai droit à une superbe rencontre avec un animal de la forêt : chevreuil, cerf, élan, loup, bison, ours noir, lynx… C’est vraiment génial l’ouest canadien.
Dans cette folle descente, nous sommes tous les 5 accueillis chaleureusement dans un hôtel. J’en ai profité pour aller en cuisine, j’y ai appris le fameux pâté chinois.

Les kilomètres s’enchaînent et j’arrive avec mon « gang de riders » dans les Rocheuses Canadiennes, à Jasper. C’est ici que je quitte le groupe d’américains après 12 jours et plus de 2 000 kms parcourus.
Je roule pour Kelowna, dans la vallée de l’Okanogan, réputée pour ses cultures de fruits mais aussi ses lacs et sa chaleur. J’y ramasse des pommes pendant un mois avant de me diriger vers Vancouver et son île où je découvre les orques dans une sorte de bateau incroyable.
Je rejoins les USA par la mer car cela est plus direct et me fait éviter la grande ville de Seattle. Ce n’est pas toujours évident de rentrer à vélo dans les villes américaines.
Le Canada m’a vraiment tout donné : aventures, rencontres incroyables, sorties, faune exceptionnelle… Je ne pouvais pas attendre mieux !

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Texte et photos : Nathan