Dans la vallée du Buëch, au départ du village de Rabou, perché sur un promontoire rocheux, ce sentier en corniche creusé dans la falaise vous amènera jusqu’au hameau abandonné de Chaudun.

La promenade se fait en boucle en empruntant le GR 93 à l’aller. Plusieurs itinéraires sont possibles pour le retour, voir la carte IGN 3337OT.
Au départ, se garer à la sortie de Rabou sur le parking puis emprunter la piste qui vous amènera au Sentier des Bans. En contrebas coule le Petit Buëch enjambé par un petit pont « romain » qui vous conduira sur la rive opposée vers la chapelle des crottes. Au 18ème siècle, au moment de l’explosion démographique, une déforestation sauvage avait défriché les terrains en pente pour pouvoir en faire des terres de culture. Ces terres furent ensuite abandonnées et leur manque d’entretien donna lieu à d’importants glissements de terrain suite à une érosion intense, où chaque épisode pluvieux générait des crues dévastatrices. Ce qui fut à l’origine de l’abandon de la vallée par ses habitants.
Le sentier des Bancs était alors l’unique passage pour accéder au village de Chaudun. Sa construction et son entretien étaient donc de la plus haute importance. Il a été creusé dans la roche de bans calcaires qui offrait une assise suffisante à sa réalisation.
Son départ est vraiment spectaculaire et vertigineux. Toutefois, le sentier y est large et la roche n’est pas glissante, sauf par temps de pluie et en hiver où l’aventure devient risquée, voire dangereuse. 


Une plaque scellée dans la roche au début de la corniche retrace l’historique du sentier, dont le nom proviendrait des bans de roche dans lesquels il a été creusé. Le Club Alpin Français l’avait surnommé le « sentier des bains » en raison de l’obligation de traverser à gué et à plusieurs reprises le cours d’eau pour passer d’une rive à l’autre.

Cette belle balade, longue d’environ 12 kilomètres, vous offrira un panorama grandiose avec vue sur le Pic de Bure, la montagne de la Plagne et le col de Rabou qui permet de basculer dans le Dévoluy.

Le village de Chaudun comptait 160 habitants en 1790, puis 127 en 1882, il s’est rapidement dégradé après l’exode de 1895 en raison des conditions hivernales et des accumulations de neige qui ont eu raison de ses habitations. Les habitants y vivaient en autarcie car les moyens de communication y étaient extrêmement difficiles. Découragés par ces difficultés face à l’isolement, ils vendirent leurs terres à l’état en 1895 et quittèrent définitivement les lieux. Entre 1896 et 1913, la zone avait fait l’objet d’un reboisement par l’ancêtre de l’ONF.
Chaudun n’est plus aujourd’hui qu’un amas de ruines noyées dans la végétation, où ne subsistent qu’une digue, le cimetière, un pont et les ruines de l’église à l’exception de deux maisons entretenues et gérées par l’Office National de Forêts dont l’une est une maison forestière, la seconde ayant été aménagée en gîte d’étape.

Bonne balade et n’hésitez pas à profitez de tous les panneaux explicatifs qui jalonneront et agrémenteront votre promenade !

 

Texte Agnès Beaudoin
Photos : Agnès et Gérard Beaudoin