Les Hautes-Alpes possèdent la particularité de disposer, dans un rayon inférieur à 80 kilomètres, de quatre aérodromes : l’aérodrome de Gap-Tallard, l’aérodrome de Saint-Crépin, l’aérodrome du Chevalet à Aspres-sur-Buëch et l’aérodrome de la Bâtie-Montsaléon. Ces aérodromes et plus particulièrement celui de Gap-Tallard sont devenus des sites de références dans ce domaine au niveau Européen. Ils proposent une palette d’activités uniques en Europe : hélicoptère, vol à voile, ULM, aviation certifiée, parachutisme, vol libre.

L’Aérodrome de Gap-Tallard
L’aérodrome de Gap-Tallard a été créé dans les années 1920 et a vu la naissance de l’Aéroclub Alpin dès 1930. Il a connu un formidable développement depuis les années 1970 en raison de conditions aérologiques et climatiques exceptionnelles. Par exemple, pour la pratique du parachutisme, les 400 premiers mètres situés à la verticale de l’aérodrome sont à l’abri du vent et offrent des conditions idéales pour l’entrainement. Pour cette raison, de nombreuses équipes et champions internationaux viennent s’exercer sur cet aérodrome.
Ce site se caractérise par une partie « aérodrome civil », axée autour de la Maison de l’Air, qui regroupe des prestataires de services et des aéroclubs et une partie appelée «Aéropole», qui est un parc d’activités dédié aux activités aériennes, avec un taxiway donnant un accès direct aux pistes.


L’aérodrome du Chevalet
L’aérodrome du Chevalet, situé sur la commune d’Aspres-sur-Buëch dans le sud du département, est composé d’un espace d’accueil touristique, d’un espace de restauration et de plusieurs hangars pour la pratique des activités aériennes, notamment l’ULM et le vol libre. Il accueille une formation universitaire de niveau Bac+3 : licence professionnelle  » Maintenance des systèmes pluri techniques – Maintenance Aéronautique « .
Il fait l’objet aujourd’hui d’un appel à projets du Conseil Général des Hautes-Alpes pour développer un projet solaire sur une vingtaine d’hectares à côté des installations aéronautiques et de la base de loisirs.


L’aérodrome de Saint-Crépin
Dans le nord du département, l’aérodrome de Saint-Crépin jouit d’une position exceptionnelle, entre le Parc National des Ecrins et le Parc Naturel Régional du Queyras d’une part, et entre Briançon et le Lac de Serre-Ponçon d’autre part. Il constitue ainsi à la fois la porte aérienne d’entrée du Briançonnais et celle de l’Italie.
Deux types de pratiques aériennes caractérisent ce site, à savoir le vol à voile et le vol moteur, qui totalisent plus de 15 600 mouvements aériens par an. Cet aérodrome constitue la principale plate-forme du département pour les activités planeurs, et la 7ème au niveau national. Ce site bénéficie d’une réputation internationale pour les activités de vol à voile. L’aérodrome bénéficie aujourd’hui d’un treuil de décollage pour planeur géré par le Club de vol à voile Guil et Durance. Cette acquisition permet d’inscrire l’aérodrome dans des démarches de développement durable grâce à la réduction des nuisances sonores et des émissions de CO2, à la réduction des coûts de mise en l’air et à l’augmentation de la fréquence de mise en l’air.


L’aérodrome de la Bâtie-Montsaléon
L’aérodrome de la Bâtie-Montsaléon, situé dans le sud du département, a été créé par une initiative privée au milieu des années 1980 et sa localisation aux portes de la Provence répond à des conditions aérologiques spécifiques.
Ce site bénéficie d’une réputation internationale. Le dirigeant de la société QUO VADIS, Monsieur Klaus OHLMAN, détient plusieurs records du monde dans le domaine du vol à voile et accueille une clientèle à 90% étrangère, en provenance d’Europe du Nord, mais aussi des Etats-Unis et du Japon.


La filière air dans les Hautes-Alpes
En août 2006, la filière AIR des Hautes-Alpes est labellisée Pôle d’Excellence Rurale par l’Etat. Cela, dans le but de valoriser un savoir-faire local et de créer une dynamique entre ses différents acteurs dans une optique de développement durable.
Le Conseil Général des Hautes-Alpes, avec l’appui de “Hautes-Alpes Développement”, travaille activement au développement de cette filière par le développement de projets structurants : l’accompagnement de projets d’implantation et de développement d’entreprises ainsi que la mise en place d’actions de promotions.
La filière Aérienne dispose d’un ensemble d’atouts, de compétences et de savoir-faire ainsi qu’une notoriété reconnue à l’échelle nationale et européenne. Elle constitue un pôle économique dynamique qui rassemble aujourd’hui entreprises, écoles, universités, sur des sites d’accueils, aérodromes ou autres, de qualité.
De nombreuses entreprises de haute technicité travaillent sur l’ensemble de ce territoire. Ces entreprises ont besoin de personnel qualifié pour continuer de se développer, c’est pourquoi elles accueillent fréquemment de jeunes étudiants en stage. Afin de faciliter cette démarche, le département des Hautes-Alpes a développé une filière de formation professionnelle de haut niveau sur son territoire, qui va du CAP jusqu’à la licence professionnelle. Aujourd’hui, un projet de formation professionnelle en maîtrise est en cours de mise en place pour obtenir une filière de formation d’excellence dans l’aviation légère en France. Il prévoit l’accueil de 400 étudiants à Gap et à Tallard, ce qui revient à doubler les effectifs actuels du pôle universitaire de Gap. En synergie avec le pôle de compétitivité PEGASE et le pôle d’excellence rurale EXCELL’AIR, ce centre offrira un panel de formations du Baccalauréat Professionnel jusqu’au Master.

Texte : Camille Badjily / Photo : Agnès Beaudoin