Mourerous, Mérinos, Préalpes du Sud et Commune, sont les races de brebis que l’on trouve principalement sur notre territoire et dans le sud-est de la France.

Pierre Bellot a 49 ans, il est éleveur à Baratier au Grand Liou, dans une exploitation familiale qu’il a repris en 1999. Il a choisi d’élever des Mourerous. Originaire des hauts plateaux de l’Atlas au Maroc, cette race montre une résistance à la chaleur et au froid, idéale en milieu montagneux. En voie de disparition, Pierre fait partie de ces fervents défenseurs qui tiennent à les sauvegarder. « Ce sont des bêtes très maternelles, les brebis Mourerous ont un instinct plus marqué. Elles s’occupent bien de leurs agneaux, là où d’autres races peuvent être moins attentives. »
Avec ses 150 brebis mères, il obtient chaque année entre 110 et 130 agneaux. « Une vingtaine sont gardées, des femelles, qui deviennent des agnelles de renouvellement. Elles sont sélectionnées pour assurer la lignée ! » explique l’éleveur. Les autres seront dirigées vers les abattoirs, pour finir dans nos assiettes. « Il arrive que l’on garde aussi un mâle, nécessaire à la reproduction ». Un bélier assurera la descendance d’une trentaine de brebis… un vrai harem dans la bergerie !

Agneaux élevés en bergerie ou en alpage
Il y a des naissances en automne, des agneaux qui grandissent à l’extérieur et en bergerie pendant cinq à six mois. Il y a celles de printemps, qui arrivent entre février et avril. Nés en bergerie, on les sort au plus vite au grand air. Les plus précoces seront prêts pour l’abattage en juillet. Les derniers nés monteront en alpage avec leurs mères, ils passeront l’été à téter le lait et à ruminer l’herbe fraîche. Vendus au début de l’automne, on les appelle les tardons. Plus matures, plus sauvages, plus prononcés en goût, ils sont très appréciés des amateurs. Des Foires sont d’ailleurs organisées en octobre, comme celle de Champoléon ou celle de la Saint-Luc à Guillestre.

Le label BIO
Depuis 2004, Pierre Bellot a obtenu le label Bio. Un gage de qualité, certes, mais de vraies contraintes à respecter. Régi par un cahier des charges précis, réglementé par des organismes certificateurs, l’élevage doit répondre à de nombreux critères. Les plus importants sont les suivants : pas de vitamines de synthèse. Octroyer une place importante pour chaque tête (40% de plus qu’un élevage ordinaire, question d’hygiène et de bien-être de l’animal). Les soins sont aussi réglementés, individualisés : pas de produit chimique systématique, pas plus d’un traitement antibiotique ou antiinflammatoire par an et par animal. « On met à disposition des bêtes de l’argile et un peu de vinaigre de cidre dilué dans de l’eau pour éviter la manifestation de parasites et stabiliser le système digestif. Cela empêche d’avoir recours aux médicaments », précise Pierre.

Un agneau combien ça coûte ?
Le sud de la France est spécialiste des agneaux dits « légers ». Ils pèsent en moyenne 16 à 18 kilos, 18 à 20 kg pour les Tardons. Lors d’une vente en coopérative, la part qui revient aux éleveurs, est de 4 à 6 euros / kilo. En bio, il faut compter entre 5 et 7 euros/ kilo.
La grille de prix est établie en fonction de la qualité du produit. Le classement appelé « EUROP », juge la carcasse et le taux de gras.

Côté cuisine, chacun y va de son expérience, au faitout, au four ou sur plaque de cuisson, avec ou sans ail, herbes ou épices, une fois dans l’assiette, c’est un vrai délice de carnivore !

 

Texte : Marianne Alphand
Photos : Pierre Bellot