Elégantes, sculpturales, étincelantes et mystérieuses, les cascades de glace s’insèrent dans la féérie hivernale. Elles ont quelque chose de fascinant et d’effrayant à la fois. Toujours changeantes, elles se muent en draperies, cigares, goulottes et autres sculptures de cristal ou de sorbet.

Historiquement, c’est à partir des années 1970 que naissent les précurseurs de cette activité. Dérivée de l’alpinisme, elle consiste à grimper à l’aide de piolets et de crampons le long de formations glacières ou de cascades gelées sur des expositions diverses.
Longtemps considérée comme une activité réservée à une élite d’alpinistes chevronnés, l’ascension des cascades s’est démocratisée, devenant accessible à tous, grâce à l’évolution du matériel et la tombée des tabous. Elle peut désormais se pratiquer dès 14 ans, de décembre à mi-mars. Le geste requiert précision et fermeté. Et hormis la concentration, l’équilibre et la dextérité, l’ascension de cascades nécessite une expérience importante pour évaluer l’état de la glace, qui fluctue en fonction du climat : des températures très froides rendent la glace dure et cassante alors que des températures plus douces donnent une glace plus humide et plus souple dite “sorbet”. Les variations importantes de température peuvent rendre dangereuses les cascades avec un risque d’effondrement. C’est pourquoi, il est primordial de se lancer dans l’activité avec un encadrement professionnel.
Des guides expérimentés proposent leurs services dans toutes les vallées. Ils savent aborder une cascade avec sécurité et technicité, visualisent les dangers et sécurisent les participants.

“L’univers est magique, imprévisible, c’est beau et attirant” témoigne Olivier Rascle, glaciériste. “On est dans la découverte et la recherche.

La cascade, tu la regardes, tu la convoites, elle t’emporte, c’est addictif! Les formes, la texture, les reflets, les couleurs bleutées de la glace, c’est prenant. L’idée est de créer du mouvement dessus, sur une structure éphémère, changeante qui tient à une analyse des risques permanente y compris pendant l’ascension. Il faut une concentration et un engagement maximum, sans oublier l’osmose et le respect entre le grimpeur et la glace. D’un point de vue sécuritaire, il faut s’obliger à être patient, savoir dire stop, savoir dire non, savoir reporter l’ascension sans jouer les héros au moindre doute”.

Les Hautes Alpes recèlent une multitude de sites adaptés pour l’initiation, le perfectionnement ainsi que des itinéraires de grande envergure.

Quelques itinéraires dans les Hautes-Alpes:
– La goulotte des Enfers (Crévoux).
– Nadia, Clara ou Dancing fall (Les Orres).
– Le Sombre Héros ou les formes du Chaos (Ceillac).
– Le torrent de Gramusat, Les Racines du ciel, Géronimo ou la Direct des Ombres (Freissinières).
– Le Grand bleu, le Colosse de Rhodes, Hiroshima ou Davidof (Fournel).
– Moby Dick (vallée d’Entre les Aygues « Vallouise »).
– Les Tourengs (Pont du Fossé)

L’Ice Climbing Ecrins (ICE) une renommée mondiale

Les Hautes- Alpes possèdent de très beaux sites de cascades de glace, avec comme joyau la vallée du Fournel et celle de Freissinières où se déroule toutes les années l’Ice Climbing Ecrins. L’ICE est lancé en 1990 par le regretté Gérard Pailheret et depuis, c’est devenu au fil des saisons l’un des plus importants rassemblements de glaciéristes au monde. L’évènement a rencontré un succès énorme en 2013 avec plus de 300 glaciéristes, et des spectateurs toujours plus enthousiastes.

L’ICE 2014 se déroulera du 16 au 19 janvier à L’Argentière-la-Bessée, avec au programme, des cascades de glace accessibles, des ateliers d’initiation et de perfectionnement, des guest-stars de la glace, des films d’explorations, des sorties baptême en chiens de traîneaux, du flamenco, des percussions brésiliennes de batucada, des vols stationnaires en montgolfière, du jonglage de boules de feu, un concert, mais aussi un buffet gaulois…

Rédaction : Marianne Alphand