Je suis partie 4 mois à Madagascar, au hasard des rencontres j’ai vécu un très beau voyage. Mon aventure s’est passée à Antsiranana, plus connu sous le nom de Diego Suarez.

La partie la plus importante de mon séjour a été d’aménager et de créer des jardins de plantes médicinales pour la population locale. Je suis partie en tant que bénévole pour une association française humanitaire « jardins du monde ». Cette dernière accompagne les associations locales pour une bonne utilisation des ressources naturelles pour se soigner et s’alimenter, principalement par l’usage et la reconnaissance des plantes médicinales. J’ai ainsi créé un jardin, devant les bureaux de l’association, pour présenter un panel de plantes du nord de Mada : gingembre, curcuma, langue de belle-mère, euphorbia hirta, pervenche de Madagascar…

J’ai surtout travaillé avec l’association malgache AVUPMA (Association pour la Valorisation et l’Usage des Plantes Médicinales d’Antsiranana) avec qui j’ai beaucoup appris. Il fallait y aller le matin de bonne heure car il faisait rapidement chaud. Dans ce jardin, Josselyn, un jeune jardinier m’accompagnait. Il savait bien manier le coupe/coupe pour tailler les buissons, mais il avait peur des caméléons, croyant que les esprits, très présents à Mada, se réincarnent dans les caméléons.

Ce pays aussi grand que la France est à découvrir. J’ai aimé vivre avec les malagasy et partager leur quotidien pendant 4 mois. J’ai pu prendre mon petit déjeuner dans des gargotes dans la rue, avec un thé à la cannelle et des mokari katakata (beignets de bananes). La base des repas malgaches, c’est le riz, midi et soir. J’ai fait ma lessive à la main (quelle bonne invention que la machine à laver), pris les « tuk tuk » petits taxi jaune 3 places à Diego ou bien les taxis brousses, qui riment avec secousse, bien calée pendant 7h pour faire 250 km sur des routes « à trous ». Les voyages en taxi brousse nous mènent toutefois vers de belles destinations. J’ai pris le temps de découvrir quelques endroits du nord de la Grande Ile. Notamment l’île de Nocy Komba et sa voisine Nocy Tanikely, où j’ai pu nager avec des tortues de mer et des poissons multicolores. Le premier soir, on a eu la chance de voir une tortue pondre sur la plage !!

Voyager seule m’a permis de rencontrer d’autres jeunes français expatriés et malgaches : Bérengère, Constance, Primo et Jacquelin. Sur cette île, nous avons fait une balade avec « une sorcière » qui nous a fait découvrir de nombreuses plantes médicinales, agrémentée d’une petite rencontre avec des lémuriens et de pauses bananes (les meilleures du monde).

J’ai passé un week-end avec ma troupe à Anivrano. Nous avons dormi en pleine brousse, fait la fête dans une école sur des airs de salegy. Nous avons découvert un lac sacré où les anciens habitants, qui n’ont pas voulu recevoir de personnes dans le besoin, ont été transformés en crocodiles ! Les crocos attendent patiemment le sacrifice d’un zébu tous les samedis.

L’île est très riche en plantes à parfum, comme le géranium rosat. Des champs entiers sont cultivés pour être distillés et revendus pour la composition de parfum de marque. J’ai appris que l’ylang ylang est un arbre et que les fleurs qui ne paient pas de mine dégagent un parfum enivrant et un goût agréable, et oui on peut en manger les pétales.
Cela a été un réel bonheur de m’investir à l’étranger dans un milieu qui m’intéresse. Madagascar est très riche en flore, les forêts sont de véritables pharmacies naturelles géantes. J’ai beaucoup appris sur l’usage de ces plantes. J’espère retourner sur la Grande Ile pour découvrir d’autres régions.
Au retour de ces quelques mois passés à Diégo, j’apprécie la juste valeur des choses dans ma vie de tous les jours. J’ai bien sûr retrouvé rapidement mes jardins et « les plantes d’Anastabote ».
Veloma* !! *Au revoir en malgache

Jardins du monde : jardinsdumonde.org/fr/ l’association est également présente au Burkina Faso, au Guatemala, en Honduras et en Mongolie.

Facebook : Les plantes d’Anastabote

 

Texte et photos : Céline Soula