Rencontre avec une jeune céramiste d’art, installée depuis 2017 à Gap.

Originaire de Bourgogne, j’ai étudié 4 ans la céramique. Diplômée du CAP tournage et du Brevet des Métiers d’Art, j’ai complété mes connaissances par des stages chez des céramistes qui m’ont enseigné différentes techniques parfois très anciennes comme :
• la technique de la pâte égyptienne. Utilisée dans l’Egypte ancienne, elle a la particularité de s’auto-émailler à la cuisson,
• la technique de la sigillée. Jusqu’au IIe siècle av JC, les céramiques n’étaient pas émaillées et les engobes sigillés (revêtement mince à base d’argile délayée) suffisaient à garder les liquides temporairement.

Ma rencontre avec Pierre-Alain CAPT, archéologue céramiste suisse reconnu, m’a beaucoup apporté. A ses côtés, j’ai travaillé la céramique selon l’art gallo-romain, pratiquée sur un tour à bâton ou à pied. Le tour à bâton offre un avantage significatif par sa très grande vitesse de rotation, comparable aux tours électriques. Le tour à pied, quant à lui, libère en permanence les deux mains du tourneur.

J’ai participé à plusieurs cuissons dans un four à bois, dit de Pistillus, une reconstitution fidèle de four gallo-romain découvert en 2010 à Autun (71) lors de fouilles archéologiques de l’INRAP. Pour l’histoire, Pistillus était un célèbre potier gallo-romain. Le four dit de Pistillus, se compose d’une chambre de cuisson d’environ 1 m de diamètre, recouverte d’un dôme. Ces cuissons sont longues et nécessitent une haute surveillance.

Toutes ces belles expériences m’ont permis de trouver ma direction dans le tournage, les formes et l’émaillage.
Il faut savoir que toutes mes pièces sont uniques car il est impossible de les reproduire à l’identique. En revanche, je propose une harmonie de pièces et une unité des nuances.

J’ai choisi de travailler le grès, cette terre que j’affectionne particulièrement pour les sensations qu’elle procure au toucher. De plus, elle a la particularité d’avoir une bonne tenue, une bonne élasticité et permet un bon travail des courbes.

Malgré mon affection pour les cuissons au bois, j’ai privilégié la praticité de l’électrique qui permet une cuisson régulière et maîtrisée. De toutes les techniques de décoration, j’ai choisi l’émaillage par trempage. La pièce est plongée dans l’émail, ensuite j’utilise un ou plusieurs émaux afin de jouer sur la superposition. J’ai plaisir à travailler sur les nuances d’émaux. J’espère que la magie opérera sur vous !
Pour le moment, mon atelier est à mon domicile à Gap, en attendant de trouver une boutique offrant suffisamment de surface pour exposer ma production, produire sur place devant les clients et enseigner.

Membre de l’association Terres de Provence, vous pouvez retrouver mes créations toute l’année à la Maison de Pays du Valgaudemar à St Firmin et en saison sur les marchés de potiers et les marchés des artisans sans vitrine (CMA).
Vous pouvez également visiter et passer directement commande sur mon site internet.

www.nuances-d-emaux.fr
Facebook : Nuances d’émaux

Texte et Photos : Lucie Silferi