Une expérience à vivre au sommet

UN ABRI AUX FLANCS DE LA MONTAGNE
Au XIXème siècle, dans leur conquête des cimes, au cœur des montagnes méconnues et hostiles, les premiers alpinistes ont cherché des lieux où s’abriter, se protéger, se reposer et se réchauffer. Au début, il s’agissait de simples abris sous roche, aménagés que les montagnards ont ensuite transformé en refuges de bois et de pierres.
Aujourd’hui, grâce aux techniques nouvelles et à la ténacité des hommes, les refuges les plus récents offrent toujours plus de confort et de sécurité.
Même si l’isolement est un handicap, c’est ce qui donne tout son charme au refuge. Poêle, groupe électrogène, panneaux photovoltaïques, micro-centrale hydraulique sont les principales sources d’énergie. Là-haut, comme ailleurs, l’énergie est précieuse ! Quant à l’eau, elle ne coule pas de source !
Devenue terrain de découverte, de loisir et de sport, la montagne n’est plus seulement une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, le refuge est un lieu de rencontres entre alpinistes et randonneurs et, pour tous, il apporte le réconfort après l’effort.
(Source : refuge de La Blanche à Saint Véran)

• REFUGE DE L’AIGLE (La Grave)
Perché à 3450 m au cœur du Parc National des Ecrins, « l’Aigle » appartient depuis plus d’un siècle au club très fermé des refuges mythiques. Réservé aux alpinistes initiés et passionnés, il est l’un des plus anciens refuges construits par la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne.
Accroché au rocher du même nom, le refuge a été construit en 1913 à partir d’une cabane préfabriquée en pin dans un but bien précis : accueillir les cordées terminant la traversée de la Meije. Un siècle plus tard, il est reconstruit. Son incontestable supplément d’âme tient à la magie du lieu et à l’esprit de sa configuration « à l’ancienne », organisée autour d’une pièce unique partagée entre les châlits et la salle à manger. Dans une ambiance conviviale, tout le monde se retrouve pour dîner, parler de l’ascension du jour ou de celle du lendemain. Aucune place pour le superflu : l’humain reprend sa place. Jeff Fouchard, gardien du refuge, accueille les alpinistes pour la saison estivale du 6 juin à mi-septembre. Du refuge, de nombreuses courses sont possibles : Meije Orientale, Doigt de Dieu, Tête des Corridors, Couloir Gravelotte…
› Tél. 04 76 79 94 74 – refugedelaigle.ffcam.fr
Photo JL. PERREVE- collection FFCAM

• REFUGE NAPOLEON (Cervières)
Côté briançonnais, sur la route du légendaire col de l’Izoard, le refuge Napoléon situé à 2290 m d’altitude, a été construit en 1858 grâce à un legs de Napoléon 1er au département des Hautes-Alpes. Ce legs a été reçu en guise de remerciements pour l’accueil chaleureux que les habitants lui avaient réservé à son retour de l’île d’Elbe. Les six refuges que comprenaient ce legs ont été construits sur les principaux cols et points de passage des Hautes-Alpes : Izoard, Agnel, Vars, Lacroix, Noyer et Manse. Il en reste encore 4 aujourd’hui. Les gardiens de l’époque avaient pour missions de porter secours et assistance aux personnes en difficulté surprises par la tourmente ou arrêtées par les avalanches, de sonner la cloche toutes les 15 minutes par mauvais temps et d’offrir le gîte et le couvert à qui en aurait besoin.
Aujourd’hui, les gardiens prolongent la vie de ce refuge avec un accueil chaleureux été comme hiver, soit pour une pause gourmande avec une cuisine familiale et un large choix de tartes maison, soit pour un séjour dépaysant.
› Tél. 04 92 21 17 42 – www.refuge-napoleon-col-izoard.fr

• REFUGE BUFFÈRE (Névache)
Le Refuge Buffère est situé dans le vallon de Buffère à 2076 m sur la commune de Névache (classée Grand Site de France et Natura 2000). Cet ancien chalet d’alpage, confortablement réhabilité en 1990, est accessible l’été à pied en 45 min du parking le plus proche et l’hiver en skis de randonnée ou en raquettes en 2h depuis le village de Névache, Ville-Haute. Que ce soit pour une halte gourmande, une étape randonneur ou le camp de base de votre séjour, Nadette, Claude et leur équipe vous garantissent un accueil de qualité et une cuisine saine et raffinée élaborée à base de produits locaux et biologiques.
De nombreuses randonnées sont possibles depuis le refuge comme les lacs de Cristol, véritables miroirs d’altitude ou l’ascension du Grand Area à 2900 m. Ce dernier offre un panorama à 360º sur les Ecrins, le Viso, les Aiguilles d’Arve et le Mont-Blanc et vous laissera un souvenir inoubliable !
› Tél. 04 92 21 34 03 / 06 77 32 59 62 – refugebuffere.com

• Refuge Agnel (Molines-en-Queyras)
Sur la commune de Molines en Queyras, entre Saint-Véran et la frontière italienne, niché au pied du Pain de Sucre, le refuge Agnel situé à 2580 m d’altitude, tient son nom du col Agnel, col mythique qui relie le Parc Régional du Queyras au Val Varaïta dans le Piémont italien. Dans cet environnement, la douceur de l’alpage, avec sa flore composée de joncs arctiques, de tufures et ses lacs de Foréant et d’Egorgéou, fait face à la force brute d’un décor minéral, aux couleurs qui passent du noir au vert.
Même s’il est accessible en voiture l’été, le refuge est une belle étape du Tour du Queyras (GR58) et vous permet d’admirer de magnifiques couchers de soleil. Après une soirée autour d’une bonne table et une nuit réparatrice, les plus motivés prolongeront leur course jusqu’au Pain de Sucre à 3210 m d’altitude.
› Tél. 06 60 79 83 90 – www.refugeagnel.com

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GARDIEN DE REFUGE, UN CAPITAINE A LA BARRE D’UN NAVIRE
Parole donnée à Anselme Roux, gardien du refuge du Viso

Etre gardien de refuge, c’est comme tenir la barre d’un navire le temps d’une saison ! Son jardin est le Mont Viso et ses voisins sont les bergers et les autres gardiens des refuges avoisinants. Il vit au bout du monde en ayant continuellement de la visite ! Le gardien est tour à tour cuisinier, agent d’accueil, plombier, chargé de communication, secouriste, éboueur, météorologue… il sait être disponible et garde le sourire malgré la fatigue. Etre gardien, c’est aussi accepter d’être peu éclairé, les pannes d’eau chaude ou de téléphone et ne pas avoir de réseau téléphonique. C’est apprendre à vivre et à travailler avec son équipage H24… Alors, bienvenue à bord !
› Tél. 04 92 46 81 81 – refugeduviso.ffcam.fr
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• REFUGE DU GLACIER BLANC (Pelvoux)
Le refuge du Glacier Blanc est situé à 2542 m d’altitude au cœur du massif des Écrins, dans un univers minéral et glaciaire remarquable qui donne au site sa dimension exceptionnelle. Il est facilement accessible au milieu de ce site grandiose, 2h30 de marche sont à prévoir. À mi-distance entre le Pré de Madame Carle et le refuge des Écrins, il incite randonneurs et alpinistes à la pause avec sa grande terrasse ensoleillée offrant une vue sur le Pelvoux. Il est autant un but en soi pour les randonneurs, qu’un point de départ pour les alpinistes vers de grandes courses comme les Agneaux, le Pic du Glacier Blanc, les Cinéastes, ou encore la Neige Cordier. Avec ses 131 couchages, ce refuge n’offre que peu de répit à son gardien, Nicolas Chaud et son équipe qui assurent l’accueil du public pendant tout l’été (jusqu’au 21 septembre).
› Tél. 04 92 23 50 24 / 09 82 12 73 91 – refugeduglacierblanc.ffcam.fr
Photo L.Lafosse- collection FFCAM

• REFUGE LE PAS DU LOUP (St Martin de Queyrières)
A 12 km de Briançon, au-dessus du hameau de Bouchier et accessible en voiture par une piste carrossable de 3 km, le chalet Le Pas du Loup se niche dans un écrin de nature avec vue dégagée sur les montagnes. Que ce soit pour un séjour sportif, contemplatif et ressourçant ou pour une pause gourmande, il constitue une étape idéale. Un soin particulier est apporté à la restauration avec des produits locaux, de saison et bio qui sont privilégiés. L’intérieur chaleureux fait la part belle au bois, des parties communes aux chambres privatives ou partagées.
Ce gîte-refuge pas comme les autres abrite un observatoire astronomique avec télescope. Lors de soirées commentées, les merveilles du ciel se révèlent à nos yeux : planètes, étoiles doubles, amas globulaires, constellations… Nouveauté de l’été 2019, une lunette PST permettra à toute personne déjeunant au Pas du Loup d’observer le Soleil.
› Tél. 09 52 00 84 17 ou 06 11 41 52 73 – www.lepasduloup.com
Photo Thibaut Blais – OT Pays des Ecrins

• REFUGE VALLONPIERRE (La Chapelle-en-Valgaudemar)
Dans la vallée du Valgaudemar, au cœur du Parc National des Ecrins, le refuge de Vallonpierre (FFCAM) est une belle bâtisse en bois et en pierre rénovée en 2001, située à 2270 m d’altitude. Dans un cadre sauvage et protégé, ce petit coin de paradis bordé par une grande prairie et un petit lac où foisonnent têtards et grenouilles est à découvrir en famille ou entre amis, entre sportifs ou alpinistes. Les bons petits plats et desserts maison concoctés par l’équipe du refuge se dégustent en terrasse tout en observant les marmottes et, si l’on est très matinal, il se peut que les chamois se laissent entrevoir dans la grande prairie proche du refuge.
Etape du fameux tour de l’Oisans (GR54) et du sympathique tour du Vieux Chaillol, le refuge est aussi le point de départ de belles escalades sur le Banc des Aiguilles, et des courses d’alpinisme au Sirac, ce sommet engagé qui surplombe admirablement le refuge.
› Tél. 04 92 55 27 81 / 06 87 25 94 37 – www.vallonpierre.com
Photo : © Bernard Lenssens

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ADOPTER L’ESPRIT REFUGE
Les conseils du refuge de La Blanche à St Véran

AVANT DE PARTIR EN REFUGE
› Je réserve mon séjour à l’avance auprès du gardien.
› Je me renseigne sur les conditions météo, l’accueil des animaux et l’accès au refuge.

DANS LE REFUGE
› Dès mon arrivée, je me présente au gardien
› Je respecte les horaires fixés par le gardien : repas, ouverture des dortoirs, extinction des feux/lever.
› Je fais très attention à ma consommation d’eau, la douche n’est pas toujours une obligation.
› Je laisse mon portable de côté pour profiter pleinement des lieux.
› A mon départ, j’emporte mes déchets avec moi.

Les coups de main sympa :
› Je peux monter du bois, des produits frais, le courrier ou le journal.
› Je participe au nettoyage et au rangement.
› Je propose d’aider le gardien.
› Je plie et range mon couchage.

› Tél. 06 46 32 88 35 – www.refugedelablanche.com
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Propos recueillis par Aline GUILLET