De notre classe de FLE/FLI (français langue étrangère et français langue d’intégration) au GRETA de Briançon, nos dix apprenants sont sortis à la découverte de la vraie vie, à la rencontre au quotidien de ce que cette langue leur dit, leur apprend.

A la suite de quatre semaines d’enseignement intensif, dispensé par quatre formatrices, les élèves ont été accueillis en stage, pour une semaine, dans différentes structures, en contact direct avec le français et ceux qui le parlent !

Voici leurs expériences avec leurs mots :

France Rurale (Briançon) – Claire (Liban) : « J’ai travaillé sur un programme comptabilité, j’ai appris les mots facture, vente, achat, la caisse et aussi j’ai écrit des étiquettes, j’ai appris les noms des produits pour les animaux ».

Transports Vauban (Briançon) – Victor (Russie) : « J’ai appris un peu mieux à parler français, je connais mieux Briançon et Montgenèvre ».

Sportinium (Briançon) – Elyxandro (Espagne) : « J’ai appris le vocabulaire du matériel de ski, c’était nouveau, j’ai jamais skié ; j’ai rencontré des clients de différentes nationalités ».

Espace Babylone, MJC (Briançon) – Anton (Russie) : « C’était bien, j’ai toujours parlé qu’avec des français, mais je trouve mon niveau moyen, j’ai besoin de plus apprendre ».

Hôpital d’Aiguilles (Queyras) – Jana (Slovaquie) : « Pour un étranger, c’est difficile de comprendre les gens avec différentes voix et accents. Avec les personnes âgées, ce n’était pas facile pour moi, parce qu’ils ne parlaient pas à haute voix ».

Bar restaurant Le Spirit (Briançon) – Maribel (Argentine) : « J’ai élargi mon vocabulaire technique de la restauration et de la cuisine, ça c’est bien pour moi parce que je souhaite travailler dans un restaurant ici ».

Hôtel restaurant Le Castellan (La Grave) – Marco (Portugal) : « Une cliente me dit : un décaféiné, s’il vous plait ? – J’apporte un café au lait. – La cliente dit : Non pas avec du lait, j’aime pas le lait – Ah ! C’est pas grave, je le bois. » ; « Tout est question de é ou ait ! »

Leader Price (Embrun) – Sabri (Turquie) : «  J’ai travaillé sur le porte palette, c’était la première fois, j’ai peu parlé, le travail ne m’a rien appris en français. »

Carrefour Market (Briançon) – Bruno (Portugal) : « J’ai rencontré des anciens collègues avec qui j’ai déjà travaillé, mais j’ai trouvé difficile certains mots que je ne connais pas. J’ai parlé parfois avec les clients. »

Les élèves sont ensuite retournés en classe, riches de leurs expériences multiples, facteurs de progression et gage d’intégration. Le français s’écrit, se parle, se vit en classe et ailleurs, pour devenir français courant et non plus langue étrangère.

 

Texte : Isabelle Alghisi
Photo : Elyxandro