Mécanicien à la station des Orres depuis près de 30 ans, Robert Lagier a développé un passe-temps plutôt atypique : il est créateur et collectionneur de sonnailles ! Pour les néophytes, les sonnailles désignent les cloches accrochées au cou des bêtes qui paissent en montagne. Leur musique bien agréable est en réalité très utile et précieuse, quand le brouillard envahit les pentes et dissimule la vue.

Si vous connaissez sa passion, alors vous n’aurez pas besoin de GPS pour trouver son domicile, car son art, il l’affiche fièrement sur la façade de sa maison où trône une de ses réalisations pour annoncer le décor aux visiteurs !

Tout a commencé en 2001 avec un cône de plombier ! Après quelques soudures et après avoir “dompté” la matière pour lui donner sa forme, il a obtenu une petite cloche. Pris dans son inspiration, il a utilisé ensuite des extincteurs et de la tôle pour créer des sonnailles de formes rectangulaires qu’il a donné aux agriculteurs des Orres. Petit à petit, sa passion s’est transformée en véritable savoir-faire artisanal, les sonnailles ont pris une forme plus arrondie. Contre les indications des “puristes” il les enjolive avec des gravures faites au burin, et les orne de courroie ou de “gambis” (respectivement le collier en cuir pour les vaches et en bois pour les moutons), faites “maison”. “Je n’ai pas voulu copier les sonnailles traditionnelles. Je n’utilise pas de moule, tout est fait à la main, et c’est aussi pour cela que j’ai continué à graver mes réalisations, malgré les contre-indications des connaisseurs qui m’ont dit que cela pouvait nuire à la sonorité de la cloche. Il faut juste trouver le bon équilibre entre le volume, la forme et l’épaisseur de la tôle pour lui donner un beau son. Mon but est que ça plaise aux gens !”, nous confie-t-il.

Et ce savoir-faire est en voie de disparition puisqu’à sa connaissance peu de gens fabriquent eux-mêmes des sonnailles. “J’aimerais rencontrer des personnes qui en fabriquent comme moi, pour échanger nos techniques et partager notre passion ! On peut en trouver en Suisse, mais en France, c’est plutôt rare”, nous explique-t-il. Petit à petit, le garage de Robert s’est transformé en salle d’exposition de sonnailles de toutes tailles, avec chacune un son différent.

“J’en possède une soixantaine, sans compter les petites que j’ai réalisé au départ. Je passe environ 10h pour en fabriquer une, plus environ 15h pour fabriquer un collier en cuir avec la boucle que je grave. J’en vends de temps en temps mais c’est rare. Je préfère les échanger, mais à chaque fois c’est avec un pincement au cœur car cela représente énormément de travail”, conclue-t-il.

Pour confectionner une belle sonnaille et un gambis, Robert nous a livré ses secrets de fabrication selon la recette suivante :
Pour la sonnaille :
– Découper de la taule à la dimension voulue
– Graver le dessin à plat au burin
– Mettre en forme les 4 éléments à l’aide d’un gabarit puis chauffer la tôle à la forge
– Souder les 4 éléments
– Confectionner et souder l’anneau qui supportera le battant de la cloche et souder l’anse qui soutiendra le collier
– Poncer les soudures
– Mettre au four (environ 10mn) puis tremper dans l’eau froide
Pour le « gambis » :
– Découper une planche à la dimension voulue
– Faire bouillir 1/2h environ
– Tordre l’élément sur un gabarit
– Laisser sécher 10 à 20 jours
– Faire les trous pour insérer la conjuscle qui maintient la sonnaille et confectionner les clavettes.

Rédaction et photos : Office de tourisme des Orres