Le plaisir de courir

Le Trail pour s’oxygéner la tête et le corps. 
Rencontre avec Serge Moro, un sportif passionné de course en montagne.

Depuis quand pratiquez-vous cette discipline ?
J’ai l‘impression d’avoir toujours couru en montagne. En « vrai », j’ai débuté à l’âge de 13 ans en grimpant le Pic de Charance. Et depuis, malgré les nombreux aléas de la vie, j’ai couru tous les jours, ne serait-ce que quelques minutes… et cela fait 47 ans ! Mes premières épreuves de course en montagne ont eu lieu en 1978 en Suisse et en Italie, avec les Frères André, Pierre et Jean, de Serre-Chevalier, mes inspirateurs.

Qu’est-ce qui vous plait dans le trail ?
Un immense sentiment de liberté, être dans l’instant, l’effort conjugué au sentier me donne la sensation de faire partie d’un tout. J’aime la légèreté du corps qui se hisse au sommet des montagnes, j’aime ce partage avec les autres coureurs sur le sentier qui appartient à la même communauté, tous différents mais animés par la même envie de découvrir ce qu’il y a « après ». En trail, la performance et le résultat passent au second plan. L’essentiel, c’est vraiment de participer et de terminer l’épreuve.

Participez-vous à des courses ?
Oui, c’est mon fil rouge. C’est ce qui me permet de rester exigeant envers moi-même, d’avoir toujours cette flamme au fond du cœur et cette sensation que tout est encore possible. Le trac avant la course, l’intensité pendant, la fatigue ensuite, c’est un trio existentiel qui me nourrit !

Faut-il avoir une préparation particulière ?
Bien sûr, comme dans toute activité humaine, il est nécessaire d’avoir acquis les bases techniques et de s’être entrainé un minimum durant plusieurs semaines. Quelques footings, des randonnées en montagne et une bonne santé permettent de s’aligner sur un trail sans difficulté, à condition de choisir une distance plutôt courte. L’ultra-trail, au-delà de 50 km, est plus exigeant et demande un plus grand investissement.

Avez-vous un parcours coup de cœur ?
Je citerai trois sommets des Hautes-Alpes : le Pic de Charance au-dessus de Gap, par son coté Madeleine de Proust, le Grand Morgon dans l’Embrunais pour la beauté du lieu et du paysage, et le Pic de Bure, un lieu magique et hors du temps !

Propos recueillis par Camille La Caria et photos : Isabelle Guillot