Le cavalier professionnel du dressage

Ce cavalier espère bientôt pouvoir courir ses premiers Internationaux, accompagné de sa monture L’Air du Temps.

Dans le silence du manège, la silhouette de « L’Air du Temps » évolue avec légèreté dans la lumière tamisée. Le grand alezan brûlé rebondit avec élégance sur le sable. Une délicatesse étonnante pour cet animal solide dont le garrot culmine à 1,84 mètre. Son cavalier a le regard fixé sur un point invisible. Très concentré, Sylvain Guasco est dans sa bulle. Le couple répète, inlassablement, les figures qu’ils présenteront au plus haut niveau national lors des compétitions de dressage.
Le dressage peut se comparer à une danse de couple. Un échange subtil entre le cavalier et sa monture leur permet d’effectuer des figures millimétrées avec une légèreté éblouissante. Depuis des années, Sylvain est un cavalier professionnel qui tourne en catégorie Pro 1. Avec L’Air, son cheval, il travaille les figures du Grand Prix, l’épreuve ultime en dressage classique. Pirouettes, changements de pied, appuyés, le cheval sait réaliser toute la gamme de figures demandées pour ce niveau d’épreuve.

Atteindre le meilleur niveau français n’a pas été une affaire facile. D’abord parce que les Hautes-Alpes ne sont pas un département de cheval. Les infrastructures y sont minimalistes. Ensuite, parce que le jeune homme n’est pas né dans le « milieu ». Ses parents apiculteurs, savent apprivoiser les abeilles mais ils étaient très loin des carrés de dressage. Propriétaires de deux chevaux, quand l’un des deux disparaît, Sylvain, qui n’a que 4 ans, s’engage à s’occuper et à monter le cheval solitaire. Un véritable challenge, Salsa qui n’a jamais porté de cavalier va donner du fil à retordre à son petit dresseur. Mais les chutes ne le décourageront pas et le petit garçon va se découvrir une véritable passion. A 15 ans, Sylvain découvre le Dressage. Son mentor est un maître de la discipline, Jean-Louis Rouchy, instructeur passionné, devenu depuis Chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur. « J’ai tout de suite su que je voulais faire du haut niveau, se souvient le jeune homme. Mais il n’y avait rien dans la région ».


Pour réaliser ses objectifs, il va se former auprès des meilleurs : Aix, la Dordogne, Paris, la Belgique, l’Allemagne… Une formation à la dure, sans concession : « Il n’y avait jamais un jour de congé, se souvient-il ». Assidu et tenace, le cavalier fait le gros dos, travaille et se perfectionne. « Je suis obstiné, avoue-t-il. Dans notre discipline, on a beaucoup d’échecs et on apprend à rebondir ». Sa rigueur et sa persévérance vont payer, et en 2003, le jeune homme intègre une grande écurie allemande. En 2006, il revient à Baratier et crée « Les Écuries du Grand Liou », à côté de la maison familiale.
Revenu dans ses terres natales, Sylvain Guasco ne perd cependant pas de vue ses objectifs, son quotidien est rythmé par les concours qui s’enchaînent dès le mercredi aux quatre coins de la France. Il lui faut maintenant s’aguerrir au niveau d’épreuves qu’il a atteint pour performer au niveau international. « On dit qu’il faut entre dix et quinze ans pour se former au dressage, et cela fait quinze ans que je travaille. Et il faut en moyenne encore sept ans pour maîtriser ce niveau. C’est aujourd’hui que j’en apprends le plus », explique le cavalier qui, à 32, ans affiche la même détermination que le petit cavalier de quatre ans. Une détermination et une rigueur qui, forcément, porteront leurs fruits.

Le Grand Liou 05200 Baratier
Tél : 06 74 60 13 03

Texte et photos : Corine Bruno