Depuis plus de 15 ans, il pratique la montagne sous toutes ses formes, armé de son appareil photo. Thomas aime ce monde d’en haut et partage cet univers magique avec nous.

Thomas, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Né en 1985 et originaire de la Vallée du Buëch, j’ai depuis mon jeune âge parcouru les collines, forêts et montagnes des Hautes-Alpes. Tout d’abord, en pratiquant la marche à pied en suivant mes parents. Puis, à l’adolescence j’ai découvert l’escalade sur les parois d’Orpierre et le domaine de la haute montagne dans la vallée du Valgaudemar avec des amis. Depuis, je n’ai plus quitté cet univers. J’ai suivi un cursus sport de montagne au Lycée de Barcelonnette, puis Fac de sport à Gap. J’ai vécu 10 ans sur Gap, parcourant les falaises environnantes et explorant le vaste massif des Ecrins.

A 17 ans, lors d’un raid à skis sur les sommets Suisse (à 4 000 m), j’ai découvert un petit appareil photo dans la neige, et doucement, j’ai pris plaisir à capturer les lumières d’altitude. Cela m’a poussé à passer le CAP photographe juste après ma Licence STAPS. Puis rapidement, j’ai ouvert mon œil à la photo d’escalade, de reportage et de voyage.
Parallèlement, de 24 à 27 ans, j’ai continué dans le monde alpin et fait partie des Equipes Nationales d’Alpinisme Masculines (ENAM) et de la Fédération Française de la Montagne et d’Escalade (FFME). Cela m’a permis d’enrichir mon expérience en alpinisme de haut niveau et de voyager à travers le monde en faisant de belles rencontres ! Durant cette période, je suis entré à l’Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme de Chamonix pour passer le diplôme de Guide de Haute Montagne, que j’ai validé à 29 ans, en 2014.

A travers la photographie et la montagne/escalade, j’ai eu la chance de voyager à travers le monde : Europe, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Amérique du Nord, Asie, Océanie… J’exerce ces deux passions qui sont devenues des métiers, voire véritablement un art de vivre.
Aujourd’hui, basé dans le Briançonnais, je passe mes hivers sur les pentes des Vallons de la Meije et mes étés entre les massifs des Ecrins, du Mont-Blanc et de l’Arc Alpin. A l’occasion, je saute dans un avion ici et là pour des missions photos, des « trips grimpe » entre potes ou des voyages, mixant à chaque fois le métier de guide de haute montagne et celui de photographe. Je suis d’ailleurs actuellement en Nouvelle-Zélande pour exercer ces 2 passions.

Pourquoi avoir choisi de pratiquer ces 2 disciplines : guide et photographe ?

Ces deux pratiques sont complémentaires et s’exercent à l’extérieur, c’était incontournable pour moi ne me voyant pas travailler dans un bureau. Ce sont deux disciplines qui tournent autour du partage, de l’émotion et de la liberté d’expression. Le métier de guide de haute montagne est un fabuleux support pour partager sa passion avec les personnes que l’on accompagne en montagne. Tout est une question de rapport avec le client, de désirs et d’émotions partagées, le tout dans un environnement à couper le souffle, au sens propre et figuré. C’est un métier passionnant que j’accomplis avec mon cœur et…je me régale !
La photographie est une discipline plus intérieure, plus artistique mais elle implique aussi l’émotion, l’émerveillement. La photo n’est rien sans un partage et un regard extérieur ! C’est une activité que je réalise avec l’aide des copains, qui font souvent les sujets.

Ce sont deux métiers qui ouvrent les portes aux escapades, aux voyages. Depuis des années, j’ai attrapé le virus du voyage et je n’ai pas du tout l’intention d’en guérir ! C’est une fabuleuse maladie !

Qu’est-ce que cela te procure de parcourir de monde d’en haut ?

Beaucoup de sensations, d’émotions et de liberté. Jouer à l’équilibriste sur un bout de rocher ou de glace loin du sol, chercher un itinéraire dans une face complexe pour enfin aboutir sur un sommet, c’est un sentiment presque indescriptible et très intense !

Pour moi, le monde d’en haut c’est aussi un monde de partage, impossible de le parcourir en solo. Que ce soit en cordé avec un copain, ma compagne ou un client, c’est avant tout une belle histoire d’amitié, d’amour et beaucoup beaucoup de fun et de bonheur !

As-tu UN lieu favori ? Dans les Hautes-Alpes et au cours de tes voyages.

Euh… joker !
Dure question… Les Hautes-Alpes sont définitivement un sacré camp de base pour moi. C’est un département unique, un petit coin de paradis et plus je voyage, plus c’est vrai ! Il y a peu d’endroit dans le monde qui lui ressemble. J’ai beaucoup de chance d’y habiter. Alors mes lieux favoris : je dirai la falaise de Cëuse pour la grimpe, le village d’Orpierre et le Buëch pour les souvenirs d’enfance, les sommets du Dévoluy pour le ski de printemps, la vallée du Valgaudemar pour la beauté du lieu et l’alpinisme loin des foules, le village de La Grave et les vallons de la Meije pour le ski freeride, le massif du Queyras pour sa culture et son ski de rando juste démentiel !
Au cours de mes voyages, j’ai aimé l’escalade des fissures d’Indien Creek aux Etats-Unis, les grandes parois d’un calcaire fabuleux au Maroc, l’immensité des montagnes de Chine, le grés rouge orangé d’Australie, les distilleries de Whisky pur malt en Ecosse et ses montagnes sauvages et rudes, les glaciers de la côte ouest de Nouvelle-Zélande.
C’était quoi la question ? UN lieu favori ? ben, en fait, LE MONDE !

En tant que guide, travailles-tu dans le monde entier ?

En tant que guide de haute montagne français, on fait partie de l’Union International des Associations de Guide de Montagne (UIAGM), cela nous apporte une reconnaissance dans le monde entier. Ainsi, nous pouvons organiser des séjours et des expéditions un peu partout dans le monde et/ou travailler pour des compagnies étrangères.
Je travaille actuellement en Nouvelle-Zélande en tant que guide pour la compagnie Adventure Contsutans. J’ai également organisé des séjours en Europe pour des clients aimant l’escalade. De nombreux projets sont en cours pour de futures expéditions avec des clients, au Pérou, en Norvège…

« J’ai fait de mes passions sportives et artistiques un beau rêve devenu réalité ! »

Propos recueillis par Camille Badjily / Photos : Thomas Vialletet