Tout le monde connaît et fréquente les commerces de la zone commerciale de Tokoro, mais très peu sont ceux qui connaissent son histoire… nous avons donc rencontré Alain Pons, l’un de ses fondateurs.

Jusqu’à la fin des années 1970, dans cet espace au nord de Gap, que l’on nommait Les Champs de la Luye ou La Ferme, il n’y avait que des prés et des champs de blés. Monsieur Reynaud, le co-fondateur de la zone, entretenait une roseraie sur le terrain de l’actuel Jardiland. La famille Reynaud a ouvert une première jardinerie, à l’emplacement de l’actuel Mac Donald’s, juste à côté du supermarché Genty inauguré le 27 février 1980 et du magasin de bricolage La Boite à Outils ouvert en 1984. C’est ainsi, qu’après les zones des Fauvins et de la Justice, l’idée d’une zone artisanale à l’entrée nord de la ville de Gap commence à germer.

Le POS (Plan d’Occupation des Sols) de la commune y prévoyait une continuité de la zone artisanale des Fauvins, les deux propriétaires se sont donc associés en 1985 pour réaliser une opération d’aménagement en lotissement. Outre la construction de bâtiments à vocation commerciale, ce projet d’envergure et audacieux nécessitait un aménagement global d’urbanisme impliquant la création de voirie et notamment la construction d’un pont permettant d’enjamber la Luye (entre le magasin JouéClub et l’hôtel Formule 1) et de rejoindre ainsi la zone des Fauvins. Il a fallu aménager des voies de circulation d’abord de 6 mètres de large puis de 12 mètres.

Situé entre deux zones commerciales de grande distribution, ce projet qui s’étendait sur pas moins de 7 hectares bénéficiait déjà du passage des consommateurs. Le challenge était de séduire les entrepreneurs locaux et nationaux afin d’y développer des surfaces spécialisées « grand public » mais également des entreprises à vocation industrielle et commerciale. Cela représentait une cinquantaine de lots à aménager. L’opération séduction a très vite porté ses fruits et les premiers bâtiments ont vu le jour très rapidement : entre 1988 et 1990, les enseignes nationales Formule 1, JouéClub, Picard, Gitem (à l’emplacement de Camaieu et Générale d’Optique), La Halle aux Vêtements ou Citroën adhérent au projet tandis que les entreprises locales sont plus frileuses. L’essor de la zone est fulgurant, le dernier terrain loué remonte à 1995.

L’ambition du projet dépassait l’activité commerciale, les fondateurs envisageaient d’y implanter également un complexe d’activités tertiaires ainsi qu’un hôtel-restaurant permettant d’accueillir colloques et séminaires. Malgré tout, aujourd’hui, l’activité économique de la zone commerciale de Tokoro est florissante, on y trouve des commerces dans tous les domaines : de l’alimentaire au jardinage, du bricolage aux concessionnaires en passant par l’habillement ou l’aménagement de la maison, les haut-alpins plébiscitent Tokoro !

 

Que signifie Tokoro ?
Dans les années 1980, le Japon a le vent en poupe. Tokoro est certes synonyme de shopping, mais en japonais, il signifie l’endroit, le lieu, la place. C’est ainsi qu’il a naturellement été choisi et que la nouvelle artère a été baptisée boulevard de l’Orient.

 

Propos recueillis par Aline Guillet