pour Marie Noëlle et Vincent

Vincent n’en était pas à son premier voyage en Amérique du Sud, mais moi si ! Nous avions un mois devant nous et à part nos bagages et notre équipement nous n’avions pas préparé grand-chose, faute de temps !

L e 5 novembre, quelques heures après avoir touché le sol Chilien à Santiago, nous redécollons vers Iquique, ville côtière coincée entre l’Océan Pacifique et la montagne.
Chercher la “camioneta” 4×4, faire quelques courses alimentaires et d’eau potable (3 litres / jour / personne) nous permet de profiter de l’ambiance à la fois paisible, jeune et stimulante de la ville. J’ai aimé les trottoirs et les maisons en bois de la rue Baquenado déclinant les couleurs de l’arc en ciel, la place Arthuro Pratt avec sa tour de l’horloge, symbole de la ville et la gentillesse des habitants si prompts à nous aider!
Le samedi 9, nous roulons vers Colchane, petite bourgade frontière avec la Bolivie (3800 m) pour une première nuit d’acclimatation et une découverte de la vie sur l’Altiplano. Nous campons 3 nuits au pied du volcan Isluga. Puis, nous montons les flancs de ce volcan encore actif, entouré de volutes de fumée, de vapeur et de jets d’eau brûlants. Nous ne grimpons pas jusqu’au sommet : trop tôt me dit Vincent ! La végétation est présente dans cette région de Tarapaca mais les animaux se cachent. Quleques traces et de petits terriers trahissent la présence de puna (cochon d’inde). En descendant, nous découvrons la lagune et les ravins domestiqués pour les cultures de légumes et l’élevage de lama.
Nous ferons ensuite, un détour pour un inoubliable bain chaud aux vapeurs de soufre, à 40°C dans le Salar de Surir (Thermas de Polloquere). Puis, nous devons signaler notre présence et notre projet d’ascension du Volcan Guallatire auprès des “carabinieros”. Après un parcours chaotique sur une étroite “route”, notre chauffeur, Rubens, nous dépose pour 2 nuits au camp de base. Nous nous reposons un jour avant de repartir dans la nuit pour le sommet. Nous l’atteignons vers 13h au milieu des geysers !

Nous partons ensuite pour Putre (3700 m), le village le plus proche du Volcan Parinacota situé à 66km. Nous passons une nuit à l’hôtel profitant de la douche et des œufs frais au petit déjeuner avant de repartir vers les Viscaschas et le Parinacota. De notre camp de base (4800 m), la vue est extraordinaire sur la laguna de Caotacotanie, à 4 km au nord-est du lac Chungara (4350 m), un des lacs les plus hauts du monde. Nous y restons 3 nuits tellement c’est beau. Nous sommes seuls, profitant ainsi du silence minéral.

Nous partons dans la nuit et gravissons le sommet en une fois avec quelques difficultés, selon la hauteur des pénitents qui habillent le glacier de ce volcan. Ces formations neigeuses, sculptées par le vent et le sable, sont propres aux montagnes des Andes.

Désormais, nous sommes prêts pour le dernier sommet de notre projet, le Nevado OJOS DEL SALADO (6891 m). Deux jours de voiture sont nécessaires pour rejoindre ce volcan et remettre notre autorisation de gravir ce sommet à la gendarmerie. Nous parvenons en 4×4 jusqu’au refuge de l’université d’Atacama (5300 m) où nous déchargeons eau et bagages. Sur le sol sableux, seul le vent dantesque chahutait nos nuits. Ce même vent et des températures hyper négatives ont fait de cette ascension un moment douloureux et inoubliable. Nul endroit où se protéger du froid, la caméra refusait même de marcher. Nous avons mis 3h pour redescendre. Nous repensons à ces jeunes qui voulaient gravir en VTT ce même volcan. Le terrain ne s’y prête vraiment pas, mais à pied, c’est à faire absolument. L’effort des premières pentes sableuses est récompensé. On termine en contournant un glacier blotti dans un cratère puis par un dernier petit ressaut rocheux, d’une belle couleur jaune orange.
La partie montagne de notre voyage s’achevait…le lendemain après-midi nous nous réchauffons dans le bain naturellement chaud de la Laguna Verde (à 4500 m) et prenons un coup de soleil.


Nous louons ensuite une voiture à Copiapo (ville aux maisons multicolores ornée de fresques et de graphitis) pour rentrer seuls sur Santiago. Nous longeons la côte et ses villages oubliés, le parc de Challe et son désert rempli de cactus et de pavots blancs. Nous frôlons Valparaiso et ses 45 collines tapissées de maisons de toutes les couleurs.
Puis, nous arrivons à Santiago. De la terrasse de notre hôtel nous contemplons la place des Armes, d’un côté les joueurs d’échecs, de l’autre les peintres et croqueurs de portraits et caricatures. Il fait 35-40°C, j’ai dans la tête toutes les images que je n’ai pas pu prendre en photos…et celles qui feront que nous repartirons !

Rédaction : Marie Noëlle Peguy
Accompagnatrice en montagne et guide de haute montagne.
Hôtel chalet des touristes, la Salle les Alpes.
Tél. 04 92 24 74 40