L’art du feu est une activité artisanale et artistique qui repose sur la transformation d’une matière minérale par la chaleur. Nous avons choisi de vous présenter un métier qui pratique cet art du feu : forgeron avec Thomas Zarev, qui exerce dans son atelier « Forge en Durance » à Châteauroux-Les-Alpes. 

Forgeron aujourd’hui c’est avant tout un métier d’art. C’est l’art de jouer avec les éléments et la matière pour donner vie à un objet ou à un outil. Le travail à la forge cherche à déplacer la matière pour l’amener où l’on veut pour lui donner une forme. C’est un peu comme faire de la pâte à modeler, mais à 900°C et avec un marteau… ! Il suffit au forgeron d’une source de chaleur, d’un outil de frappe et d’une surface de frappe, pour créer ses pièces. Et contrairement à une idée reçue, ce n’est pas un métier « de bourrin ». Il y a effectivement des phases de travail qui nécessitent de la force et de l’endurance, mais il y en a beaucoup d’autres qui demandent finesse et précision.

Le forgeron utilise une source de chaleur pour monter le métal à une température telle qu’il devient malléable. Cette source de chaleur est appelée « la forge ». Elle peut être au charbon (la plus traditionnelle), au gaz ou électrique (par induction). La température que l’on cherche pour le travail à chaud se situe entre 700 et 1400°C (au-delà de 1450°C, l’acier brûle et se détériore). Ensuite, en fonction de la tâche à effectuer, le forgeron joue sur cet éventail de températures, car un acier n’aura pas la même malléabilité à 800°C qu’à 1200°C. Et pour connaître cette température il se sert tout simplement de ses yeux. Selon la chaleur, l’acier change de couleur (c’est pour cela que les forges sont plongées dans l’obscurité). Ainsi la matière va passer du rouge à l’orange, puis du jaune au blanc, avec toute une palette de nuances subtiles. Une fois la température de travail obtenue, il utilise une surface de frappe : l’enclume et un outil de frappe : le marteau. Suivant la manière dont il place la pièce sur l’enclume et suivant la manière dont il emploie le marteau, il parvient à donner une infinité de formes, dont la seule limite est son imaginaire. 

Dans le cadre de la fabrication d’outils, il procède également à une série de traitements thermiques afin de modifier les caractéristiques mécaniques de l’acier. La trempe est la plus connue car très visuelle. Cela consiste à refroidir très rapidement l’acier chaud, en le plongeant la plupart du temps dans un liquide. Cela peut être de l’eau ou de l’huile, en fonction de l’acier que l’on travaille et le résultat que l’on recherche. Mais la trempe s’inscrit en réalité dans une série de quatre traitements thermiques impératifs et c’est l’avant dernière étape. 

Finalement, le forgeron travaille avec les quatre éléments : le feu pour chauffer, l’air pour « booster » son feu, le charbon et le fer issus de la terre et l’eau pour refroidir sa création. Il joue avec les éléments pour donner vie à un objet, à un outil ou à une arme.

Ce métier pourtant si beau a presque disparu à la deuxième moitié du XXéme siècle mais revient petit à petit au goût du jour, car oui c’est un métier d’art, un métier technique qui s’inscrit dans notre histoire et c’est surtout un métier de passion.

Pour découvrir les créations de Thomas, rendez-vous sur sa page Facebook « Forge en Durance ».