MARINE OURY - ALL SIDES PICTURES
# Plus2Cinéma
Le 01 Avril

Marine Oury, Ingénierie financière & Technologies innovantes

Comment pourriez-vous qualifier votre métier ?

Je réalise depuis 2018 de l’Ingénierie financière Images et Son via ma société All Sides Pictures. Cela se traduit par des prestations de conseil et de développement pour les projets innovants des Industries Culturelles et Créatives (studios VFX et Animation, éditeurs logiciels spécialisés 3D ou Son, artistes numériques). Le cinéma, l’audiovisuel, les médias et les arts numériques doivent relever en permanence des défis d’investissements technologiques et comme cela est difficilement amortissables via leurs chiffres d’affaires, l’Union Européenne et l’État français ont plusieurs programmes de soutien pour ces dépenses. Mon travail consiste à aider ces industries culturelles et créatives, à planifier et à financer leurs investissements pour rester performantes face au marché international (studios d’Hollywood, du Canada et de Londres principalement). Très concrètement, cela consiste à faire des projections financières et à élaborer des dossiers techniques décrivant les démarches de recherche et développement ou de changements d’organisation et de procédés.

Vous avez grandi et fait toute votre scolarité à Embrun. Comment avez-vous découvert ce milieu ? Et d’où est partie cette envie de travailler dans le domaine du cinéma et l’audiovisuel ?

J’ai toujours adoré aller en salle de cinéma, plonger dans le film dans le noir et j’ai eu la chance de découvrir l’envers du décor au cours d’un voyage scolaire au Futuroscope en CM2 ! À l’époque en 1997, ce parc était presque l’unique endroit où le grand public pouvait accéder aux technologies 360°, dynamiques, relief… et à des making of techniques. J’ai ensuite continué à explorer l’envers du décor en préparant l’émission de radio que j’animais sur RAM05 (Salle Comble). Et j’ai surtout immédiatement tracé mes études (de physique et de lettres) pour pouvoir travailler en post-production : une étape qui concentrait alors les innovations avec l’essor des effets spéciaux visuels (VFX).

Pourquoi choisir d’exercer votre métier en étant basée sur Embrun ?

Après presque 10 ans passés à Paris pour mes études cinématographiques et mes premiers contrats dans des sociétés de production et au Centre national du cinéma et de l’image animée, je voulais retrouver le cadre de vie de nos montagnes qui est si rare avec notre lac ! On a tellement tout ici que cela me manquait : la sérénité, l’air pur, les multiples activités de plein air… une très bonne programmation cinématographique variée en prime ! Une fois mes années étudiantes passées, il devenait vraiment difficile de me projeter à Paris et j’ai donc créé ma société pour continuer à travailler dans le cinéma et l’audiovisuel à distance. À mon retour bien avant 2020 cela était peu répandu et il a fallu convaincre mon réseau. Mais aujourd’hui ce concept s’est normalisé, beaucoup de studios 3D et d’artistes-techniciens se sont installés comme moi en région et ce nouveau maillage booste nos activités.

Un second objectif de mon retour était d’amener mon réseau de producteurs français spécialisés dans l’accueil de tournages internationaux à découvrir les Hautes-Alpes. Certains sont venus en visite (Embrun et Lac de Serre-Ponçon, Queyras, Mont-Dauphin, Parc national des Écrins, Tallard), mais les scénarios à tourner ne cadraient pas exactement avec nos décors. Peut-être cette année !

Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ? 

Cela relève du confidentiel, mais globalement les thématiques innovantes tournent cette année autour d’un réalisme 3D plus poussé et plus rapide à obtenir, de l’Intelligence Artificielle pour une analyse de données plus avancée, des blockchains (technologie de stockage et de transmission d’informations) pour authentifier les ayants droits des œuvres, de l’open source et du codeless permettant de développer des outils de création 3D plus accessibles, de la sécurisation physique et virtuelle des studios suivant des normes diffusées par Hollywood. Mais aussi de l’éco-responsabilité ! Les plateformes SVOD (vidéos à la demande) ont en effet des engagements forts en termes de réduction des émissions carbone et leurs prestataires français (sociétés de production, studios 3D) doivent les suivre dans cette transition environnementale.