Rencontre avec un apiculteur du Champsaur

Il s’appelle Patrick CHALLET, il est passionné par les abeilles, et surtout passionnant quand il parle de son métier. On l’écouterait pendant des heures, il est intarissable !

L’apiculture est pour Patrick CHALLET une reconversion professionnelle, elle s’est imposée comme une évidence. Le voisin de ses parents agriculteur disposait ses ruches sur la propriété familiale et Patrick observait le va et vient des abeilles.
En 2002, il prend sa retraite de gendarme, après 26 ans de bons et loyaux services et se reconvertit dans l’apiculture. Ce nouveau métier, il l’a appris sur le terrain pendant 6 mois avec un ami apiculteur. Il s’est également beaucoup documenté grâce à des ouvrages spécialisés. Christine, son épouse, est le chef d’exploitation. Elle s’occupe aussi de la confection de tous les produits de la ruche : pain d’épices, gâteaux, nougats, bougies, etc.
Il y a 11 ans, ils démarrent leur activité avec un cheptel de 9 ruches.

Aujourd’hui, ils ont 210 ruches en activité.
Depuis peu, l’un de leur fils travaille avec eux sur l’exploitation. Le second fils s’est installé comme apiculteur… Une belle histoire de famille.

Etre apiculteur, c’est savoir observer, lire et comprendre la nature. Il faut savoir déceler les meilleures conditions possibles pour la production du nectar. Quand la période devient propice, il faut être prêt pour positionner les ruches.
La saison débute en descendant les ruches plus au sud. Cela permet d’augmenter plus rapidement le développement des abeilles, et de démarrer la saison en avance. Sur notre territoire de montagne, il faudrait attendre encore quelques semaines pour avoir ces mêmes conditions idéales.
Tout au long de l’année s’opèrera une transhumance des ruches, qui remonteront ici, dans le Champsaur, ou vers d’autres destinations en fonction des types de miel à produire.
En 2012, 11 variétés différentes de miel ont été produites pour un total de 6 tonnes de miel. L’exploitation du miel est réalisée directement à la mielerie, ainsi que tous les produits de transformation. Seule la réalisation des bonbons et sucettes au miel, est confiée à la Confiserie Alpine.
Dans un souci de maîtrise totale de leur production et de contact avec leur clientèle, ils ont choisi de travailler sans intermédiaire et écoulent eux-mêmes leur production sur les marchés, les foires, les fêtes locales, et dans le magasin situé sur leur exploitation.

Une belle histoire, qui au-delà de la production de miel, nous entraine dans la chaine alimentaire.

Si les abeilles venaient à disparaitre, la vie sur terre s’arrêterait progressivement. En effet, cet insecte précieux assure à lui seul 80% de la pollinisation. Sans l’abeille, les arbres ne pourraient plus produire de fruits et c’est donc toute la chaine alimentaire qui s’en trouverait bouleversée et petit à petit réduite à néant. Alors, accordons un regard différent à ce petit insecte à qui nous devons tant.

Quelques informations pour parfaire vos connaissances :
Une ruche compte en moyenne 70 à 80 000 individus, et consomme 100 à 110 kg de miel par an pour sa propre consommation. Une abeille est capable de transporter son propre poids, en nectar qu’elle ingurgite et en pollen qu’elle transporte en pelote sur ses pattes. Une abeille ne dort jamais, elle réduit juste son activité à certains moments de la journée.

Dans chaque ruche se trouve une seule reine qui vit 5 ans. Alors qu’une abeille ne vit que 45 à 60 jours. Chaque abeille a un rôle précis au sein de la ruche. Les « nettoyeuses », gardent la ruche propre et en bonne santé. A partir de 5 à 6 jours de vie, l’abeille commence à secréter de la nourriture pour les larves et devient « nourricière ». Puis, elle devient “architecte” de 15 à 20 jours en sécrétant de la cire pour la construction des alvéoles. Pour faire 1kg de cire il faut 7 à 8 kgs de miel. Les « ventileuses », âgées de 18 jours, battent des ailes en continu pour ventiler la ruche, abaisser sa température et assécher le nectar. Les « gardiennes », âgées de 12 à 25 jours, sont chargées de veiller à la protection de la ruche, elles assurent le contrôle d’identité des individus entrant dans la ruche, et repoussent les ennemis. Enfin, lorsque les “ouvrières” atteignent l’âge de 3 semaines, elles peuvent devenir “butineuses”. C’est le moment de l’envol où elles sont chargées de l’approvisionnement de la ruche: nectar, pollen et eau nécessaires à la vie de la colonie. Une “butineuse” effectue de 10 à une centaine de voyages par jour selon la localisation des fleurs. A ce rythme, elles s’épuisent vite et meurent au bout de 5 à 6 jours.

Le voyage se termine mais si vous croisez Patrick au détour d’un marché, n’hésitez pas à aller vers lui. Il a encore bien des choses extraordinaires à vous raconter sur les abeilles et sa passion.

Plus d’infos :
Christine et Patrick CHALLET
Chabotonnes
05260 Saint-Jean – Saint-Nicolas
04.92.50.74.89 / 06.87.41.17.68
[email protected]

Rédaction : Agnès Beaudoin.