L’histoire de Gap s’écoule au bruit de l’eau de ses fontaines. Tantôt moderne tantôt traditionnelle, chacune a son histoire.

Bien avant que les maisons soient équipées en eau courante, les fontaines étaient le seul moyen pour les habitants de s’approvisionner en eau. On appelait fontainiers les ouvriers qui creusaient le bassin destiné à accueillir la fontaine. En échange de leur travail, le propriétaire les payait en remplissant le bassin de blé. A l’époque, cette céréale était chère d’où l’expression « avoir du blé ».

La fontaine de la place Jean Marcellin
Construite à la fin du XIXème siècle, la fontaine était surmontée du buste du sculpteur Jean Marcellin, né à Gap en 1821. Elève de Rude puis artiste reconnu à Paris, il fit don à la ville de Gap de la statut du baron de Ladoucette. Elevé en mémoire du sculpteur, le buste en marbre blanc du monument fut déplacé au cours du XXème siècle au Parc de la Pépinière. La fontaine fut transférée à l’autre extrémité de la place. Elle se compose d’un bassin octogonal en pierre de taille dans lequel l’eau s’écoule par quatre canons en fonte.
Appelée au Moyen-âge place St-Etienne en raison de la chapelle qui s’y élevait, la place prit le nom de place de l’Egalité à la Révolution. C’est en l’honneur du sculpteur gapençais qu’elle prit, plus tard, le nom de place Jean Marcellin.

Le « puits du Y »
C’est autour de l’emplacement de l’actuelle fontaine que les troupes de Napoléon passèrent la nuit du 5 au 6 mars 1815 lors du périple de l’Empereur entre l’Ile d’Elbe et Grenoble. Depuis, le n°17 de la rue de France rappelle le passage de Napoléon à Gap par une plaque commémorative.

« La Liseuse »
Réalisée par l’artiste Cyril de la Patellière, « La Liseuse » est une statue en bronze. Souvent arrosée, parfois malmenée puis réparée, cette sculpture urbaine repose sur la fontaine de la place Alsace Lorraine depuis le 4 avril 2009. Sa posture et sa douce tranquillité sont une véritable invitation à flâner au cœur de la ville.

Le lavoir de la Placette
Développés sous Napoléon III à la fin du XVIIIème siècle, les lavoirs étaient un des principaux lieux de socialisation des lavandières. On surnommait les lavoirs les « hôtels à bavardes » ou, en plus mesquin, « l’académie de médisance ». Ce lavoir est le dernier visible sur Gap.

La fontaine de la place Grenette
Dessinée par l’architecte Garnier, la fontaine de la place Grenette fait partie d’un grand projet d’adduction d’eau à Gap. Construit en 1857, elle représente une statue de Cérès, déesse romaine de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. La place Grenette était l’ancien grenier à foin de Gap.

La fontaine de la place de la République
Bien avant d’être la place que l’on connaît aujourd’hui, la place de la République était occupée par le domaine agricole. Ce n’est qu’après sa destruction en 1911 que la place est aménagée. Le quartier devient l’un des plus actifs dans les années 50. Récemment restaurée, elle accueille toujours le marché paysan du mercredi matin et une nouvelle fontaine autour de laquelle aiment se rassembler gapençais et touristes.

La fontaine de Porte Colombe
Pensée par l’architecte Garnier dans le cadre du projet d’induction d’eau à Gap, la fontaine se dresse sur la place Frédéric Euzières depuis 1857. Cette jolie fontaine en fonte et en pierres de taille a été rénovée en 2012 et déplacée pour faciliter la circulation routière. Elle se compose d’une double vasque qui encadre des enfants.

La fontaine Wallace
Véritable œuvre d’art célèbre aux quatre coins du monde, la fontaine Wallace de la rue Carnot est admirable par son style Renaissance. L’origine des fontaines Wallace remonte à la fin de la guerre de 1870. Alors que les bombes allemandes ont détruit beaucoup de points d’eau, l’eau potable commence à manquer dans Paris. Sir Richard Wallace dessine alors deux modèles de fontaines, réalisés par le sculpteur Charles-Auguste Lebourg, pour que plus personne ne manque d’eau.

La fontaine de la place aux Herbes
Installée lors de rénovation de la place en 2008, la fontaine est une création moderne. Modelée en même temps que la construction de la cathédrale à la fin du XIXème siècle, la place aux Herbes doit son nom au marché qui s’y tenait jusque dans les années 50, où les étals regorgeaient de plants et herbes pour les tisanes et décoctions.

Texte : Ville de Gap
Photos : Ville de Gap et Camille Badjily