« Qui mange une pomme tous les jours vit cent ans ». Voilà un proverbe qui mérite analyse et questionnement… Le fruit défendu serait-il devenu le secret de la longévité ?

Il est difficile d’étiqueter la pomme comme remède magique à tous les maux de l’être humain. Cependant, les scientifiques et diététiciens lui ont découvert depuis des siècles de nombreuses vertus, qui contribuent à maintenir « la bonne santé ».
Des études ont ainsi prouvé qu’une consommation régulière de pommes améliore les capacités respiratoires, réduit les risques de contracter un cancer du côlon ou un syndrome métabolique, lié à des troubles comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Les personnes qui mangent des pommes ou des produits réalisés à base de ce fruit présentent une pression sanguine moins élevée, un faible taux de cholestérol, un bon transit intestinal…et un tour de taille moins important !
Dotée d’un pouvoir désaltérant (85 % d’eau) et d’un effet coupe-faim, elle apporte satiété à son consommateur et diminue les envies de grignotage.
Autre aspect déculpabilisant, la pomme est peu calorique, riche en sels minéraux, antioxydants, fibres et vitamines en tous genres, qui se trouvent essentiellement dans la peau. Les sportifs peuvent eux aussi y trouver leur compte, grâce aux fructoses et glucides qui donnent un bon apport énergétique tout au long de l’activité physique.

La Pomme des Alpes
Les Hautes-Alpes recèlent de variétés de pommes de grande qualité, que nous trouvons dans les étals dès l’automne. La culture des fruits dans les Alpes du Sud remonte à plusieurs siècles. Mais, c’est vers les années 1930 que débute réellement son essor avec l’appellation « Pommes et Poires des Alpes ». Le climat des Alpes de Haute-Durance favorise la montée de la sève et augmente la teneur en sucre, ainsi que l’acidité du fruit. Les pratiques de culture (faible arrosage) complètent le dispositif qui confère à la pomme son croquant et sa fermeté. Les pommes des Alpes de Haute-Durance ont obtenu une IGP (Indication Géographique Protégée) en 2010. La pomme des Alpes de Haute-Durance recouvre deux variétés : Golden delicious et Gala. Elles présentent des particularités indéniables : chair ferme et sucrée, jaunissement et même rosissement de la peau pour la golden, rouge profond pour la gala.

La qualité de ces pommes est donc liée à leurs terroirs : le bassin de production de pommes du Nord de Sisteron se situe entre 500 et 1000 m d’altitude sur les rives de la Durance et du Buëch. Il bénéficie de plus de 300 jours d’ensoleillement par an. Le froid nocturne qui règne lors de la maturation des fruits empêche la dégradation des acides, tandis que la forte amplitude thermique diurne permet leur parfait jaunissement. Ces vergers de montagnes bénéficient du climat méditerranéen des Alpes du Sud ce qui confère à la pomme des Alpes des propriétés gustatives exceptionnelles.

A la fin du mois d’août, à Ventavon au sud de Gap, a eu lieu la grande fête dédiée à la pomme des Alpes. Cela a été l’occasion de découvrir les métiers de l’arboriculture, les techniques de conduite des vergers, des fruits, de la culture à la production jusqu’à la commercialisation. C’est un évènement incontournable qui lance de manière festive le début de la récolte de la Golden des Alpes.
Tous les 2 ans, les arboriculteurs de la Haute Vallée de la Durance se donnent rendez-vous lors de cette fête traditionnelle de la pomme pour mettre à l’honneur la reine des Alpes, unique pomme au monde labellisée Label Rouge. Son goût et son croquant sont très appréciés des gourmands et des chefs haut-alpins qui se plaisent à cuisiner et déguster ce fruit sous toutes ses formes.

La pomme des Alpes dans la Haute Vallée de la Durance, c’est :
– 244 exploitations
– 3 000 emplois à temps plein
– 3 000 hectares de pommiers sur 3 500 hectares de vergers
– 110 000 tonnes de pommes produites
– 80% de la surface couverte par les vergers
– 60 millions de chiffre d’affaires annuel

Texte : Camille Badjily
photos : Christophe Combaluzier / Christophe Rosanvallon / Marianne Alphand