La Route Napoléon suit le trajet emprunté en 1815 par l’Empereur, parti de l’île d’Elbe, pour rejoindre la Capitale et reconquérir le pouvoir. Une épique époque qui a laissé ses traces sur plus de 300 km.

Suite à son exil à l’Île d’Elbe en 1814, Napoléon décide de faire son retour dans la vie politique. Il se met en route pour Paris le 1er mars 1815 afin de reconquérir son titre. La route Napoléon est celle qu’il emprunta du Golfe Juan à Grenoble, en passant notamment par Grasse, Digne et Gap. C’était alors un simple chemin muletier. Il atteint Grenoble en 6 jours, rejoint Lyon et investit les Tuileries à Paris le 20 mars, entouré de 20 000 hommes.

La Route Napoléon est un joyau souvent méconnu de notre patrimoine qui a fêté son bicentenaire en 2015. Les communes situées sur cette route se sont réunies afin de commémorer cet évènement important de l’histoire de France. Inaugurée en 1932, cette route correspond aujourd’hui à la RN 85 et retrace le souvenir de cette épopée historique. Longue de 314 km, c’est l’une des plus belles routes de France de par son audacieux tracé et la multitude des paysages qu’elle traverse. Elle demeure aujourd’hui une étape obligée pour tous les amoureux des belles routes qu’ils soient automobilistes ou motards. Le tourisme peut désormais marcher sur les traces de l’histoire !

Reliant Vallauris Golfe Juan sur la Côte d’Azur, à Grenoble, capitale du Dauphiné, la Route Napoléon serpente au cœur de paysages exceptionnels. Elle traverse une quarantaine de villes, quatre départements, et deux régions. A chaque entrée de villes et sorties d’autoroutes, une signalétique routière particulière « Aigle », symbole de l’Empire, vous rappelle que vous êtes sur la Route Napoléon. De nombreux monuments commémoratifs jalonnent cette Route. Au sommet du col Bayard, 1246 mètres d’altitude, vous surplombez Gap et vous vous trouvez au point culminant de la Route Napoléon.

Suite au passage de l’Empereur et ses troupes sur le Gapençais, une falaise de calcaire à la forme singulière porte désormais le nom de «Chapeau de Napoléon» en raison de sa forme qui rappelle le bicorne, célèbre couvre-chef de Napoléon.

La nuit du 5 mars 1815, Napoléon passe la nuit à Gap à l’Auberge Marchand, rue de France. Une plaque commémorative marque l’emplacement de cette auberge.

 

Un peu d’histoire

En 1814, l’Empereur Napoléon 1er est envoyé en exil sur l’île d’Elbe par les monarques d’Europe. Mais, la situation politique en France est fragile et lui offre une possibilité de retour. Le 1er Mars 1815, il débarque à Golfe Juan avec un millier d’hommes pour reconquérir son titre. Il veut reprendre le pouvoir, profitant des multiples erreurs de Louis XVIII : en effet, ce dernier avait réintégré des nobles de l’Ancien Régime dans l’armée avec des grades élevés, voulait rétablir la dîme féodale et redonner des privilèges au clergé ! L’empereur veut rétablir l’Empire et les avancées de la Révolution, annulées par la Restauration. Accompagné par une poignée de ses fidèles, Napoléon choisit de se rendre à Paris par la Route des Alpes, évitant ainsi les résistances des villes royalistes de la vallée du Rhône. Il traverse la Provence jusqu’à Sisteron. Puis, il fait une halte à Gap la nuit du 5 mars, avant de traverser le Dauphiné avec une suite d’accueils favorables jusqu’à Laffrey. Là, attendent les troupes envoyées par le roi Louis XVIII pour l’arrêter. Les soldats cèdent aux premiers mots de l’Empereur déchu et le suivent, comme au premier jour. Il arrive à Grenoble le 7 mars 1815 et continue sa route triomphale vers Paris, rejoint par de nombreux soldats nostalgiques et enthousiastes. Par la suite, Napoléon qualifiera ainsi son périple : « Jusqu’à Grenoble, j’étais un aventurier, ensuite j’étais un Prince ».

Son retour ravive l’espoir national. Les Français l’accueillent en héros de la nation. Tout Paris est en liesse. Il reprend le pouvoir le 20 mars 1815 pour une période de «Cent jours» jusqu’au 18 juin 1815. Mais battu à la bataille de Waterloo et lâché par la Chambre, il est contraint d’abdiquer une nouvelle fois le 22 juin 1815. Louis XVIII retrouve le trône pendant que Napoléon est exilé à Sainte-Hélène où il meurt le 5 mai 1821. Les Cent-Jours ont certainement contribué à faire entrer Napoléon Bonaparte dans la légende. L’empereur devient dans l’inconscient populaire comme éternel, jamais totalement vaincu.

Texte : Marianne Alphand