Loin de son image désuète, le tournage sur bois, ce savoir-faire ancestral sait aujourd’hui allier sa matière noble, le bois, à un design et une modernité au service de la création contemporaine.

Après une vie professionnelle s’articulant autour de la nature, Natacha Heitz devient tourneuse d’art sur bois en 2012. Installée à Molines dans le Queyras, elle oriente son travail autour d’une essence de bois atypique, issue des montagnes où elle vit, le pin cembro. Elle donne alors naissance aux cRAKoUs. 

 

– Parlez-nous de votre artisanat, qu’est-ce qu’un cRAKoU ?

Pour créer mes pièces, j’utilise trois techniques : le tournage d’art sur bois, la sculpture et le travail au feu. Très souvent associé à d’autres techniques comme la sculpture, le travail du bois permet d’imaginer des formes actuelles et laisse libre cours à la créativité. Une fois la forme réalisée par tournage et/ou sculpture, la pièce est travaillée au feu. J’utilise le pin cembro, un bois qui révèle une texture particulière, un craquelé naturel. Sa manière de réagir sous la flamme du chalumeau est unique et donne un rendu qui oscille entre une impression de cuir et un effet de raku, technique bien connue des potiers. C’est pourquoi j’ai donné le nom de « cRAKoU » à mes créations. Enfin, la pièce est mise en couleur afin de révéler davantage la texture.

 

– Où peut-on voir vos œuvres ?

Mon atelier est à Molines-en-Queyras. C’est un atelier  »de poche » qui ne permet pas pour l’instant d’accueillir le public. Je travaille donc en partenariat avec des boutiques et des salons, un peu partout en France et je m’associe à des professionnels comme les architectes d’intérieur, jusqu’en Inde. L’été, je fais les foires artisanales du département et des expos. Je présente aussi mes œuvres sur mon site et ma page Facebook. Et pour m’aider dans mes démarches, j’ai intégré deux groupements d’artisans : la coopérative des artisans du Queyras, avec sa Maison de l’Artisanat à Ville-Vieille, ouverte toute l’année, et l’Atelier d’Art de France, un syndicat des métiers d’art, qui m’apporte beaucoup en terme de conseils, formation, professionnalisation et diffusion, notamment par le biais de leur galerie boutique à Paris.

 

– Comment avez-vous démarré votre pratique ? La petite histoire?

Je suis éducatrice nature de formation. Passionnée par les loups, j’ai quitté la Lorraine de mon enfance vers 20 ans pour me rapprocher du milieu de vie de ces canidés. A l’époque, je travaillais sur la problématique Loup / Pastoralisme et j’avais besoin d’être sur le terrain. J’ai ainsi été bergère pour mieux comprendre et mieux agir. Après une quinzaine d’années à travailler dans le milieu associatif, principalement avec du public, j’ai eu besoin de m’orienter vers un travail plus solitaire. Toujours dans la nature, mais seule avec mon bois dans l’atelier. Le passage au tournage s’est fait naturellement, comme une continuité.

 

– Quelles sont vos sources d’inspiration pour la création ?

Je suis beaucoup inspirée par le travail des céramistes. Fille de potière, il y a certainement un lien ! J’aime les formes contemporaines, aux lignes tendues et aux designs sobres. Je m’inspire de certains artistes du bois, très modernes dans leur approche de la matière. Le Queyras est aussi source d’inspiration. Une nature foisonnante, des couleurs vives, des contrastes, des saisons marquées…

Et le calme, cette impression d’être chaque jour au plus proche de la nature.

 

LE BOIS D’YLVA – Natacha Heitz, 05350 MOLINES-EN-QUEYRAS
www.laboisdylva.weebly.com
Facebook : Le Bois d’Ylva –Natasha Heitz

 

Calendrier 2016 :

Du 26 mars au 3 avril : exposition RegART 2016, chapelle Sainte Praxède, Avignon (84)
Du 1er au 3 avril : salon L’Art de faire Haut-Alpin, Journées européennes des Métiers d’art, Gap (05)
Du 20 au 22 mai : Saint Leu Art Expo, Saint-Leu (95)
Du 2 au 6 septembre : Maison & Objet, Paris (75, France)

 

Texte : Marianne Alphand
Photos : Eric Burlet