60 ans de secours en montagne

Suite au décès de deux jeunes alpinistes dans le massif du Mont-Blanc en 1956, l’Etat décide que les secours en montagne relèveraient désormais de ses compétences. Appelé à l’origine Groupe Spécialisé de Haute Montagne (GSHM), le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) de Briançon est ainsi fondé en 1959, 2e unité spécialisée créée après celle de Chamonix en 1958. Les secours en montagne sont depuis assurés en alternance avec la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) de Briançon, sous la responsabilité de la préfecture des Hautes-Alpes.

Le PGHM de Briançon vient de fêter ses 60 ans. Si, historiquement le massif des Ecrins représentait l’essentiel des interventions, le PGHM assure aujourd’hui les secours sur l’ensemble des massifs haut-alpins avec en moyenne 350 interventions par an. Au fil du temps, le PGHM a beaucoup évolué et s’est modernisé. Les challenges d’aujourd’hui consistent notamment à parfaire les moyens de recherche des victimes et à développer les outils numériques afin de faire face à la révolution technologique.

L’effectif du PGHM s’élève à 21 militaires, montagnards solides et secouristes aguerris s’appuyant sur une fine connaissance du territoire. Ayant tous suivi une longue formation spécifique après une stricte sélection, une grande majorité d’entre eux cumule leurs compétences de secouristes avec d’autres diplômes d’État, comme le guide, le monitorat de ski, les DE de canyon ou d’escalade. Ils ont à leur disposition différents véhicules, principalement des 4×4, un quad chenillé et une moto neige, mais bénéficient surtout de l’appui indispensable du détachement aérien de gendarmerie de Villar-Saint-Pancrace, l’immense majorité des interventions étant héliportée. C’est à bord de cet aéronef, baptisé Choucas 05, qu’un binôme du PGHM se tient prêt en permanence à partir, accompagné au besoin d’un médecin du SMUR, autre partenaire majeur du PGHM. Chaque intervention demande une importante coordination afin d’apporter la réponse la plus rapide et la plus pertinente aux demandes de secours d’extrême urgence.

Toutes les activités en montagne sont accidentogènes, le PGHM porte secours à des personnes pratiquant tout autant l’alpinisme ou le ski de randonnée que le canyoning, le VTT, le parapente ou la randonnée. 

« IL VAUT MIEUX APPELER LES SECOURS UN PEU TROP TÔT, QU’UNE SECONDE TROP TARD. S’entêter rend souvent la situation plus délicate et le secours plus engagé. Quelque soit l’activité, il ne faut jamais hésiter à renoncer… la montagne restant toujours la plus forte. », précise le chef d’escadron G. Dupré, commandant le PGHM de Briançon.

Les semaines impaires, lorsqu’il cède la main à la CRS, le PGHM ne chôme pas : prévention et communication auprès du grand public, formation au profit des professionnels de la montagne (guides, moniteurs, gardiens de refuges, pisteurs…), entraînement au secours et au secourisme font aussi partie de leurs missions. Le PGHM a notamment développé une formation interne d’aide à la médicalisation, afin d’assister le médecin sur l’intervention.

Texte : Aline Guillet et photos : © PGHM Briançon