Promenades dans le temps, sur les traces des cadrans solaires des Hautes-Alpes.

A la fois grand art et science pure, le cadran solaire est considéré comme l’un des premiers objets utilisés par l’homme pour mesurer l’écoulement du temps.A vous le plaisir de parcourir, au gré de vos envies, de cadran en cadran, le patrimoine bâti et naturel de nos montagnes.

Tel le doigt de Dieu avertissant le monde, le gnomon(*) se dresse, pour signifier l’écoulement du temps. Il a été menhir, obélisque, colonne, tige ou simple bâton fiché en terre. Son ombre, pivotant autour de sa base, a appris aux hommes à mesurer la durée de leurs jours terrestres.
Les plus anciens modèles de cadrans solaires ont été trouvés en Egypte et date de l’époque antique. Les jours et les nuits étaient divisés chacun en douze heures, quelle que soit la durée du jour ou de la nuit. Les Égyptiens inventèrent deux types de cadran solaire: le premier était un instrument destiné à mesurer la longueur d’une ombre projetée sur une surface, et le second, à mesurer le changement de direction prise par cette ombre.
A partir de la fin du XIVe siècle, l’apparition et la diffusion de l’horloge entraîna le développement de cadran solaire de style incliné. C’est grâce au progrès de la chimie et l’apparition de crépis à la chaux que les cadrans solaires deviennent peinture murale et ornent les façades des édifices publics et religieux. Signe de richesse, les cadrans habillent par la suite les maisons de particuliers.

Témoins d’une tradition ancestrale, ces superbes instruments de mesure du temps ornent un grand nombre de façades de monuments, édifices publics ou maisons de villes et villages des Hautes-Alpes, dans ce pays où le soleil éclaire en abondance.
Avec plus de 400 cadrans solaires, dont plus de la moitié date des XVIIIe, XIXe et début XXe siècles, le département des Hautes-Alpes est le département français qui possède le plus de cadrans solaires peints anciens et contemporains.Peint, sculpté, parfois à même la roche, orné de céramiques ou de trompe l’œil, chaque cadran affiche son originalité.Agrémentés de devises et morales, sur le temps qui passe, les cadrans solaires se présentent sous forme de fresques ou de sculptures.

Nihil sum sine sole. Sans le soleil, je ne suis rien.
Memorestobrevisaevi ! Souviens-toi que la vie est courte !
Tempus edaxrerum. Le temps dévore tout.
Hora fugit ne tardes. L’heure tourne ne tarde pas.

Le soleil éclaire là une tradition très ancienne, celle de chercher à savoir l’heure tout en embellissant sa maison. Les Haut-alpins n’ont pas renoncé à cette « horlogerie » solaire.
Promenade dans le temps, balade dans l’histoire, les amoureux du patrimoine gnomotique pourront parcourir la Route des Cadrans Solaires, un magnifique circuit passant par le Queyras, le Briançonnais, la Vallouise et l’Embrunais.
Pour découvrir l’histoire du temps, pensez à lever la tête. Voilà donc une route sur laquelle vous ne risquez pas de perdre votre temps !

(*) gnomon est un mot latin qui veut dire aiguille de cadran solaire, il permet la formation de l’ombre.
Rédaction : Camille BADJILY