Acteur important du secours en montagne

Rencontre avec Nicolas Roux, exerçant son métier avec passion accompagné de son ami à quatre pattes afin de venir au secours des victimes d’avalanches. 

  • Qu’est-ce que le métier de maitre chien d’avalanche ?
    C’est une spécialisation d’un métier de la montagne. J’ai obtenu le brevet national de pisteur-secouristes en 2010 et j’ai eu la chance de trouver un poste la même année à Risoul.
    Concrètement, nous prenons le chien à l’âge de deux mois. Il nous appartient contrairement au secours en montagne (PGHM et CRS). S’ensuit alors un long processus de formation d’environ un an et demi. Le chien est petit à petit éduqué à la recherche via des exercices ludiques et récréatifs. L’hiver, il se familiarise avec le monde du ski (motoneiges, skieurs, hélicoptères, télésièges) pour que ce lieu lui soit agréable. 
  • Comment se passe la formation ?
    Dans le département, nous sommes encadrés par Rodolphe Querel de l’ANENA (Association Nationale de l’Etude de la Neige et des Avalanches) et Francis Colomer du PGHM. L’examen final se déroule aux Deux Alpes, c’est l’unique stage diplômant en France. Durant 15 jours, nous sommes évalués sur la recherche en avalanche, la complémentarité du binôme et le déplacement à ski. Si tout se déroule bien, le duo est diplômé, maître et chien sont indissociables et peuvent intervenir lors de cas réels. 
  • Comment t’entraines-tu avec ton binôme ?
    Suite à l’examen, l’entraînement est continu et durera toute la vie opérationnelle du chien. Nous sommes rassemblés dans l’association des maîtres chiens d’avalanches du 05 (voir page Facebook et Instagram). Chaque samedi d’automne nous travaillons sur terrain sec. Ces entraînements sont essentiels car le chien retrouve petit à petit ses repères, ses habitudes de travail avec le maître. Ces routines cadrent le chien et facilitent sa mise au travail au moment voulu. 
    L’hiver, nous participons à des recyclages. Chaque maître chien doit en valider au moins 5 pour pouvoir être inscrit sur les listes opérationnelles. Malgré l’enjeu et le stress de ces évaluations, elles sont indispensables afin d’avoir des équipes cynophiles de qualité. Rappelons que le temps moyen de survie sous la neige est de 20 minutes. Le duo doit donc être rapide pour dégager les victimes d’avalanche. 
  • Comment choisir son chien ?
    Nous avons besoin d’un chien solide, endurant mais pas trop lourd pour évoluer dans la neige. Le seul critère à respecter est que le chien doit obligatoirement être un mâle. 
    J’ai choisi un berger allemand qui s’appelle Smaug et qui a 3 ans. C’est bien souvent le chiot qui choisit son maître en venant vers lui et non l’inverse. C’est un moment indescriptible, la relation naît dès cet instant. Smaug et moi avons une relation fusionnelle. C’est un membre à part entière de ma famille, nous nous connaissons par cœur. J’ai une confiance absolue en lui lors des interventions. 
  • Peux-tu nous raconter une expérience sur le terrain ?
    La première alerte réelle est forcément inoubliable. Cela s’est passé le lendemain du diplôme. L’adrénaline monte en une fraction de seconde, notre changement d’attitude interpelle le chien. Il comprend qu’il faut aller travailler. 
    J’ai en mémoire une intervention où j’ai été mis en alerte pour une personne ensevelie à Vars. A peine arrivé, il fallait vite analyser la situation : vent et qualité de neige. La victime a été retrouvée grâce à son DVA (détecteur de victime en avalanche). Nous avons terminé la recherche sur zone et rejoint les autres secouristes. Cet instant est un mélange entre euphorie et retombée de stress, un partage avec les copains et notre chien. C’est un sentiment gratifiant qui permet de récompenser tout l’investissement fourni.

Texte : Camille La Caria et photos : Nicolas Roux