Rencontre avec Marie Fradin, une créatrice de bijoux en perles de verre. Parfois rêveuse et toujours contemplative, elle file le verre de Murano au chalumeau et le transforme selon son humeur et ses envies. Explications sur son parcours, son travail et son atelier-boutique.

J’ai toujours eu en moi une fibre artistique. Le dessin, la peinture, la poterie…ont fait partie de ma vie depuis l’enfance.

Installée dans les Hautes-Alpes depuis vingt ans, cette région que j’aime profondément m’offre une qualité de vie irréprochable. Née à Lyon, je trouve ici les changements de saisons bien marqués, le relief du paysage, le ciel bleu, le soleil et une proximité avec la nature. Étant une contemplative, je suis encore et toujours émerveillée par la beauté de nos paysages. 

C’est par une belle rencontre d’une perlière-bijoutière que l’aventure « verre » a commencé. Ma première entreprise, celle d’élever au mieux mes enfants dans une situation monoparentale, étant presque accomplie et suite à un licenciement économique, je me suis lancée dans la fabrication de perles en verre et de montage en bijoux avec comme bagage, une base dans les deux domaines, beaucoup d’inspiration, d’essais, de soutien de mes proches, de persévérance et enfin une grande motivation dans cette réalisation professionnelle.

Ma matière première est du verre fabriqué sur l’île de Murano à Venise en Italie. Il offre un grand panel de couleurs, que ce soit dans les teintes opaques, translucides ou transparentes. Il se présente sous la forme de longues baguettes d’un mètre. Je fais fondre le bout de ma baguette au chalumeau et le verre en fusion est enroulé autour d’un mandrin (tige en acier inoxydable). Ainsi, je crée chaque perle dans la forme, la couleur et la décoration souhaitée. Sortie de la flamme, après avoir obtenu la perle imaginée, elle est déposée dans un four de recuisson afin de la ramener à température ambiante. Détachées du mandrin et nettoyées, les perles sont prêtes pour l’atelier de montage. Pour mes créations de bijoux, j’utilise de l’argent, du cuivre, du cuir et toutes sortes de matériaux appropriés en bijouterie fantaisie.

J’ai un parcours autodidacte dans mon travail. J’aime explorer, chercher, expérimenter, essayer, recommencer. Cela me prend du temps, mais j’apprends énormément de mes erreurs et parfois une merveilleuse idée en ressort.

Cette matière, travaillée à la flamme est malléable à souhait et me laisse des possibilités infinies de réalisations. Dure et fragile à la fois, colorée, elle laisse entrer la lumière ou pas, C’est fascinant !

Pour m’inspirer, j’observe beaucoup, tout est dans la nature : les formes courbes, le fractale, les lignes… Je rêve et j’imagine. J’ai des idées plein la tête, alors, en prenant le temps, mes mains les réalisent. Je travaille beaucoup les couleurs, j’associe différentes teintes de verre pour arriver à une couleur précise, comme le bleu pétrole. Je participe à des séminaires sur les tendances à venir, et me rends en visiteur, au salon international « Maison et Objet » à Paris. Je participe à des rassemblements de verriers à la flamme pour être reliée au monde professionnel auquel j’appartiens. L’art et la matière m’appellent !

Comme j’aime mon lieu de vie, j’ai eu tout naturellement envie de m’implanter économiquement à Gap. Depuis quatre ans, l’atelier boutique « Au fil du verre » existe. Il est vrai que ce n’est pas toujours facile, pour un artisan d’art d’avoir un lieu ouvert au public à l’année dans un centre ville qui, hélas, se désertifie. Des solutions sont à trouver. La mutualisation d’un espace commun de travail me semble judicieux aujourd’hui. C’est pour cela que j’accueille une jeune créatrice en vitrail, Anaïs Michel avec ses objets de décoration, miroirs, suspensions, photophores et lampes en verre, technique Tifany. Mais aussi, Antikea et ses créations de mobilier design, présentoirs et luminaires ainsi que Santiago, créateur de bijoux en argent.

Consommer local, consommer artisanal.

Pensez aux petits artisans du coin, qui sont aussi des acteurs économiques.

Vous pouvez également retrouver les créations de Marie, au Hang Art, boutique de créateurs à Serres, toute l’année. Ainsi que sur certains marchés hebdomadaires, uniquement l’été et certaines foires artisanales, lieux et dates affichés en temps voulu. Elle sera présente aux Journées Européennes des métiers d’art qui se tiendront au Quattro à Gap les 1er et 2 avril 2017.

 

Atelier boutique : 34 rue Colonel Roux – Gap
Tel. 04 92 54 40 94 / 06 10 30 06 93
www.perlimarie.com

Propos recueillis par Camille Badjily
Photos : Marie Fradin