A la découverte des fonds sous-marins.

Dans les Hautes-Alpes, sur la commune de Montgenèvre, à cheval sur la frontière franco-italienne se trouve le massif du Chenaillet. Il s’agit en fait d’un ancien volcan sous-marin qui date de près de 150 millions d’années, culminant aujourd’hui à 2 500 mètres d’altitude.

Inutile de se mouiller pour visiter le fond des mers. L’ascension du Chenaillet permet de découvrir les roches formées à près de 30 kilomètres de profondeur, au cœur du manteau terrestre. Ces roches constituent un site géologique exceptionnel, témoignant de l’existence d’un ancien océan alpin remarquablement conservé. Depuis plusieurs années, de nombreuses excursions scientifiques et travaux internationaux ont eu lieu sur cette partie de fond océanique.

Raymond Cirio, président de l’association CBGA (Centre Briançonnais de Géologie Alpine) explique que selon des géologues, la comparaison du Chenaillet avec les fonds sous-marins a été faite dans les années 1970, lorsqu’on a commencé à observer les dorsales et la forme des volcans sous-marins. Le massif du Chenaillet est ainsi le vestige d’un ancien océan qui existait il y a environ 150 millions d’années, et qui a disparu lors de la formation des Alpes à cause de la convergence des plaques. Quand les deux continents, Afrique et Europe, se sont affrontés, les deux plaques se sont chevauchées et la plaque océanique africaine s’est glissée sous la plaque continentale européenne. Une écaille s’est détachée du fond océanique en remontant à la surface jusqu’à se retrouver posée sur la partie continentale européenne. Il s’agit d’une rareté géologique. On y retrouve toutes les roches constitutives de la lithosphère océanique et d’étranges roches arrondies et vertes : des basaltes en coussins, des gabbros et des serpentinites. Le basalte et le gabbro résultent du refroidissement du magma produit par d’anciens volcans sous-marins formant les dorsales océaniques, la serpentinite est une roche constitutive du manteau de la Terre, qui a été altérée par la circulation d’eau. Le Chenaillet est une curiosité géologique reconnue. Depuis les années 1990, Raymond Cirio propose des stages sur cette montagne si particulière afin d’expliquer ce phénomène et de partager ses nombreuses connaissances. Ce massif est un véritable musée de la géologie alpine.

L’association CBGA (Centre Briançonnais de Géologie Alpine) a pour but de promouvoir l’enseignement de la géologie à travers la pratique du terrain à tous les niveaux. Elle incite également à protéger les sites et les sentiers géologiques et environnementaux. Aujourd’hui, elle compte plus de 25 accompagnateurs à son actif. Début 2014, une nouvelle édition de la brochure du Chenaillet sortira, réécrite avec de nouvelles interprétations. www.cbga.net

Pour plus d’informations:
Centre Briançonnais de Géologie Alpine
35 rue Pasteur
05100 Briançon
Tel. 04 92 20 56 55
[email protected]