Coup de projecteur sur une activité insolite en plein essor. Cette activité demande de la concentration, de la persévérance et de l’équilibre.

La slackline est une discipline sportive qui se pratique sur une sangle de 2,5cm de large en moyenne, tendue au-dessus du sol entre deux points d’ancrage, arbres, poteaux, murets ou même falaises… Il faut se maintenir en équilibre sur la corde, et avancer, pas après pas. Les plus initiés tenteront des acrobaties, des demi-tours et même des grands écarts pour les plus souples, et bien d’autres figures insolites. On peut donc au choix se retrouver à 10 cm comme à 100 m du sol ! La pratique émane de grimpeurs californiens des années 80, qui, dit-on, ne savaient que faire de leur excès de sangle, et qui se seraient amusés à marcher sur leurs cordes d’escalade. Arrivée en France en 2005, la slackline connait un engouement grandissant, et séduit toutes les générations, en pratique ou en simple spectateur. Et on en voit de partout.

En milieu naturel ou urbain, dans les parcs, en ville, ou même entre deux falaises, les “slackliners” envahissent les espaces à la recherche de nouvelles sensations. Les débuts sont chaotiques, et les conseils ne manquent pas : ne pas se précipiter, poser son regard, réussir à trouver l’équilibre et la bonne position sur la sangle, les bras bien hauts, les pieds droits, et le haut du corps détendu, franchir progressivement les limites imposées par notre inconscient ou par la peur de basculer…et surtout respirer calmement. L’apprentissage requiert patience et persévérance, jusqu’au sentiment d’autosatisfaction lorsque la sangle a été franchie sans poser le pied à terre. L’entrainement est la clé de cette pratique qui s’apparente au funambulisme. Avec son côté ludique, convivial, accessible partout et pour tous, la slackline n’en reste pas moins un sport. Conserver un équilibre dynamique sur une surface instable fait travailler l’ensemble du corps, chaque muscle est réquisitionné. Bien que les figures en mouvement soient les plus impressionnantes, les figures statiques demandent davantage de dextérité.

Pratiquée à l’extrême, la plus longue highline jamais traversée a été installée en octobre 2013 aux États-Unis. La ligne mesurait 214 mètres de longueur, tendue à 92m de haut, et fut traversée, après treize tentatives par Jerry Miszewski au-dessus de la rivière Cosumnes dans le nord de la Californie. Au-delà d’une quête d’adrénaline, c’est un dépassement de soi, un défi, une prouesse pour la discipline. Il a ainsi détrôné le Français Théo Sanson, dernier détenteur du record avec 150 mètres de traversée.

L’association Lez’arts des cimes de Briançon propose cette activité. C’est en 2011 que la slakeline a vu le jour grâce à des étudiants en Master Aménagement du Territoire du Milieu Montagnard, à l’Université de Gap, passionnés d’escalade, d’alpinisme, de snowboard, et de ski qui disent : “Nous nous sommes laissés tenter par l’expérience slackline un beau jour où nous lézardions sur les cimes…” Avec ses 45 adhérents bénévoles, l’association a une vision de la slackline aussi bien sportive qu’artistique (projet d’expo photo et micro-spectacle). “Nous organisons régulièrement des initiations et des démonstrations de slack pour des structures comme les offices de tourisme et les associations, ou lors de diverses manifestations comme le Festival du Paysage à Embrun, ou l’OutdoorMix 05. Nous pratiquons toutes les disciplines de la slackline avec notamment l’ouverture de quelques highlines haut-alpines”. L’association est ouverte à tous : “nous avons même eu une expérience intéressante avec un public de jeunes personnes en situation de handicap de l’IME du Jouclaret. Nous avons organisé une journée d’initiation en partenariat avec l’institut.” Motivés à développer des projets artistiques et ludiques, l’équipe s’est donnée la mission de faire bouger nos territoires de montagne !
Plus d’infos : www.lezartsdescimes.com

Il existe plusieurs variantes de la slackline :

– La shortline : C’est la pratique la plus connue et la plus accessible, avec sa corde courte (de 7 à 15 mètres) et proche du sol (de 30 à 60 cm de haut). Idéal pour les débutants.
– La trickline : La sangle est plus tendue, plutôt courte, afin de réaliser des figures comme le demi-tour, le tour complet, saut, ou encore le grand écart…
– La jumpline : Une sangle tendue, le plus souvent large (5 cm) prévue pour les sauts acrobatiques.
– La longline : « la corde longue », est faite pour traverser des distances très grandes, (de 30 à plus de 100 m).
– La highline : Les sangles sont tendues de plus en plus haut, (de 30 à plus de 900 m au-dessus du vide) elle nécessite un équipement de sécurité, un baudrier et un assurage par une ligne indépendante.
– La waterline : La sangle est tendue au-dessus de l’eau entre deux pontons par exemple.
– La blindline : la plus difficile de la pratique, l’avancée sur la sangle se réalise à l’aveugle, les yeux bandés. Le slackliner évolue dessus, sans aucun repère dans l’espace. Tout passe ici par le ressenti.

Rédaction : Marianne Alphand / Photos : Lez’arts des cimes