De juin à septembre 2022, les villages d’alpinisme des Écrins s’illumineront grâce aux installations monumentales de l’artiste Philippe Écharoux. Les villages d’alpinisme sont : La Grave, Villar-d’Arène, Le Casset (Le Monêtier-les-Bains), Vallouise-Pelvoux, La Chapelle-en-Valgaudemar, Saint-Christophe-en-Oisans et Valjouffrey. Ce « club », créé par les élus, professionnels et habitants des hautes vallées des Écrins a plusieurs objectifs : réenchanter les villages historiques de l’alpinisme, promouvoir les pratiques accessibles et respectueuses du milieu naturel, transmettre les valeurs montagnardes aux jeunes générations et participer à la préservation de l’environnement et la promotion d’un tourisme durable.

Philippe Écharoux est un photographe, portraitiste Marseillais, précurseur du Street Art 2.0. Son art est doux par la forme avec des projections lumineuses majestueuses, mais impactant dans le fond avec des messages forts. Il est un artiste impliqué et particulièrement sensible aux catastrophes écologiques. Autant de raisons qui l’ont conduit à mettre en lumière les villages d’alpinisme des Écrins.

Philippe Écharoux est un photographe, portraitiste Marseillais, précurseur du Street Art 2.0. Son art est doux par la forme avec des projections lumineuses majestueuses, mais impactant dans le fond avec des messages forts. Il est un artiste impliqué et particulièrement sensible aux catastrophes écologiques. Autant de raisons qui l’ont conduit à mettre en lumière les villages d’alpinisme des Écrins.

Son installation artistique fait ainsi fusionner les habitants des Écrins avec leur lieu de vie grâce à des projections de portraits monumentaux. Les œuvres sont projetées sur des supports variés tels que des murs, des maisons ou des arbres dans les villages et visent à mettre en avant les gens de pays et aussi amener les visiteurs à découvrir de l’intérieur ces hauts lieux de l’alpinisme, chargés d’histoire. Cette exposition est gratuite et libre d’accès du 2 juin au 30 septembre 2022, tous les jours simultanément dans les villages d’alpinisme. À la tombée de la nuit, les projections s’allument et s’éteignent en même temps que l’éclairage public. Le public est alors amené à déambuler dans les villages pour y découvrir les portraits, les dénicher et les découvrir par lui-même.

Philippe Écharoux, pourquoi ce projet dans les villages d’alpinisme des Écrins ?

Ce projet, comme beaucoup, est né d’une rencontre, d’un échange avec l’Agence de Développement des Hautes-Alpes. J’ai tout de suite adhéré à la volonté de mettre en avant et en lumière des lieux qui ne le sont pas tant que cela habituellement. Dans mon art, j’aime m’intéresser aux gens que l’on ne remarque par le plus. Ici, c’est un petit peu la même chose. On parle de lieux et de gens qui vivent dans des endroits souvent reculés et qui sont l’âme de ces villages, loin parfois des plus grandes stations ou super pôles touristiques. J’espère que cette exposition va permettre de créer encore plus de lien entre les touristes l’été et les habitants de ces villages d’alpinisme. Si nous attirons la curiosité avec ces œuvres disséminées dans les villages, elles serviront de support à la rencontre et aux échanges.

Ce projet culturel est-il différent de ce que vous faites habituellement ?

Chaque projet est différent dans sa forme évidemment car les lieux ne sont pas les mêmes et chacun a une identité visuelle forte. Le fond cependant reste bien souvent le même. J’essaie de placer de l’art contemporain avec une résonance écologique sous les yeux du grand public. Je veux avant tout que l’installation reste ludique. C’est en tout cas, le maître mot. Mon art se base sur la projection de lumière. L’idée est de proposer un art qui soit éphémère et qui ne laisse aucune trace de mon passage. L’objectif est de faire se mélanger la lumière et son environnement sur lequel on la projette. C’est la clef ! Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé les portraits de différents habitants. J’essaie que leurs visages fusionnent littéralement avec leur environnement, que ce soit avec des bâtiments ou la nature alentour. C’est à mon goût, la meilleure manière d’illustrer un lieu par ses habitants qui se fondent dans leur environnement.

Habitant Marseille, avez-vous déjà eu une expérience dans les Écrins ?

J’ai quelque peu baladé dans différents endroits du massif des Écrins, notamment vers Ailefroide car je suis très lié au monde de l’escalade et ça reste un haut lieu de cette discipline. Pour être honnête, j’ai adoré découvrir une multitude de villages pendant la préparation de cette exposition lumineuse !

En tant qu’artiste, quelle image vous renvoie la montagne et ses acteurs ?

Ça va paraitre peut-être naïf mais cela m’évoque indéniablement la liberté et la pureté. Le terrain de jeu est immense et encore sauvage et c’est de plus en plus rare. Mais l’important est de conserver des espaces naturels pour se ressourcer et se rappeler que c’est la vraie nature, pas celle que nous essayons à tout prix de contrôler et d’encadrer dans nos villes. Je pense que les habitants de ces vallées ne se rendent pas compte de leur chance (qu’ils ont provoquée) de vivre dans de tels décors. La vie est sûrement peu simple, mais à mon avis tellement plus authentique et naturelle que dans les villes. Je suis citadin de naissance, mais je ne le suis pas dans mon âme, tout au contraire. Pour résumer, la montagne et ses acteurs sont les garants d’un mode et lieu de vie qui sont essentiels et tellement bénéfiques.