La Schappe à Briançon : une histoire industrielle fascinante
À retenir
- La Schappe est la première grande usine textile de Briançon
- Elle valorisait les déchets de soie, une innovation majeure
- Jusqu’à 1 000 ouvriers, un impact économique considérable
- Une industrie connectée à l’international dès le XIXe siècle
- Fermeture en 1933, due à la concurrence et aux évolutions technologiques
Si vous vous intéressez au patrimoine des Hautes-Alpes, je vous invite à plonger dans l’histoire captivante de La Schappe à Briançon, première grande usine textile du territoire. Derrière ce nom intriguant se cache une aventure humaine, économique et industrielle qui a profondément marqué la région.
D’où vient le nom “La Schappe” ?
Avant d’aller plus loin, comprenons ce terme. La schappe désigne un produit issu du recyclage des déchets de soie.
👉 À l’époque, la soie étant un matériau précieux, rien n’était gaspillé. Pour vous donner une idée, produire 12 kg de soie générait jusqu’à 14 kg de déchets, rapidement valorisés par les industriels.
Ainsi, la Schappe symbolise déjà une forme d’innovation et d’économie circulaire avant l’heure.
La naissance d’une industrie à Briançon
L’histoire débute entre 1830 et 1835, lorsque la famille Mathieu découvre le travail de la soie dans le Piémont.
Très vite, un constat s’impose :
- il faut de l’eau,
- du charbon,
- et de la main-d’œuvre disponible.
👉 Et justement, Briançon réunit toutes ces conditions. À cette époque, la population est souvent inactive en hiver, faute d’activités touristiques.
L’installation débute dans l’ancien couvent des Dominicains. Mais les débuts sont difficiles…
➡️ Il faudra attendre 1863 pour voir émerger une véritable usine moderne.
Un essor économique spectaculaire
Progressivement, la Schappe devient un pilier économique :
- 40 ouvriers en 1845
- 700 en 1863
- jusqu’à 1 000 en 1870
👉 Je peux vous le dire, cette croissance est impressionnante pour l’époque.
La Schappe transforme alors profondément :
- la vie sociale locale,
- l’emploi,
- et l’organisation de la ville.
Une matière première venue du monde entier
Au départ, les déchets de soie proviennent du Piémont italien.
Puis, avec l’arrivée du train en 1884, un tournant s’opère :
- les matières premières arrivent désormais d’Asie,
- via le port de Marseille.
👉 Briançon s’inscrit alors dans une économie mondialisée, bien avant l’heure.
Un savoir-faire industriel complexe
Le traitement de la schappe nécessitait de nombreuses étapes techniques :
- triage (souvent effectué par des enfants),
- dégommage (élimination des impuretés),
- lavage et séchage,
- cardage et peignage,
- transformation en nappe textile.
👉 Seule la dernière étape, le filage, était réalisée ailleurs.
Je vous invite à imaginer l’intensité du travail, dans une époque où les machines et la main-d’œuvre cohabitaient étroitement.
⚠️ Le déclin et la fermeture
Malheureusement, comme beaucoup d’industries européennes, la Schappe n’échappe pas à la concurrence.
Plusieurs facteurs expliquent son déclin :
- la concurrence japonaise, bien moins chère,
- l’arrivée de la soie synthétique,
- des difficultés économiques dès les années 1930.
👉 Résultat :
- fermeture en 1932, avec 370 licenciements,
- tentative de reconversion, sans succès,
- fermeture définitive en 1933.
Un héritage toujours présent
Aujourd’hui, même si l’usine n’est plus en activité, son histoire reste essentielle.
Elle témoigne :
- d’un passé industriel fort,
- d’une capacité d’adaptation et d’innovation,
- et d’un patrimoine à préserver.
👉 En tant que visiteur, vous pouvez encore ressentir l’empreinte de cette époque dans l’identité de Briançon.
👉 En conclusion, je vous encourage à redécouvrir cette histoire, car elle illustre parfaitement comment une industrie peut façonner un territoire, avant de laisser place à un héritage culturel et historique précieux.




