# Plus2Sport
Le 01 Novembre

Zoom sur le schéma départemental du sport

Les départements de France ont pour mission d’accompagner et de développer la pratique du sport, notamment en soutenant les associations et les manifestations sportives sur leur territoire. Pour inscrire une ligne directrice claire dans les Hautes-Alpes, un schéma départemental du sport a été renouvelé pour la période de 2021 à 2025.

Marine MICHEL
Le sport dans les Hautes-Alpes c’est 518 clubs sportifs, 45 290 licenciés des fédérations françaises de sport, soit 319 licenciés pour 1000 habitants. Le département affiche le taux de pratique le plus élevé en région avec 31,26% de part de population licenciée.

Marine Michel, vice-présidente au département des Hautes-Alpes en charge des sports nous explique où en est ce schéma départemental et les actions concrètes à venir, en vue des Jeux Olympiques de Paris dans moins de 2 ans.

  • Pourquoi avoir renouvelé le schéma départemental du sport ?

On s’est rendu compte que le sport était devenu important notamment au niveau sociétal. Il est en lien avec les différentes activités, l’éducation, la santé, la culture, l’attractivité du territoire, donc à partir de ce constat-là, on s’est dit qu’il fallait le revoir et notamment aussi en termes d’attente des pratiquants. Celle-ci évolue et il faut aussi que nous soyons force de proposition et évoluer en même temps que la société actuelle. Le dernier schéma datait de 2010 et cela nous a permis aussi de remettre les acteurs du sport autour de la table et de connaître leurs attentes. C’est une feuille de route. On s’est basé sur les différentes olympiades (hiver et été) et on a réfléchi par rapport à cette temporalité.

  • Quel est le budget du département alloué au sport ?

Le budget est à peu près d’1,2 millions d’euros sur l’année, qui est dispatché dans différents domaines. D’abord le sport de haut niveau. On aide les sportifs qui sont inscrits sur les listes ministérielles en fonction de leur catégorie de l’élite jusqu’à espoir et les montants sont en fonction de l’âge et du niveau de l’athlète. Il y a aussi l’aide aux associations et aux événements mais également les grands événements comme le Tour de France qui font parler des Hautes-Alpes et qui fédèrent un maximum de population.

  • Quelles sont les personnes/entités qui ont participé à ce schéma ?

Les acteurs du sport bien entendu comme les comités, les clubs, les sportifs, mais on a aussi intégré le mouvement économique et le mouvement social. Les rencontres ont été un peu ralenties à cause du Covid. On a dans un premier temps envoyé des questionnaires aux participants et ensuite on a réalisé les séances de travail en octobre 2021 en présentiel. On a ainsi travaillé sur les actions prioritaires et les 4 axes sélectionnés que sont le sport de haut-niveau, l’accès au sport pour tous, l’accueil de grands événements et le développement des sports de pleine nature.

  • Pourquoi ces 4 axes ont-ils été retenus ?

Ce sont les sujets qui ont émergés et où il fallait se concentrer pour améliorer notre schéma des sports. Le haut niveau forcément, mais ce qui nous importe aussi, c’est l’accès au sport pour tous, qui est un des piliers de ce schéma. Ceci passe par les comités départementaux, les clubs, pour favoriser la possibilité à tout le monde d’accéder au monde du sport, d’où qu’ils viennent et quel que soit leur niveau. Cela se concrétise par des aides renforcées aux comités et aux clubs pour améliorer la pratique, l’achat de matériel, mais aussi pour les collectivités pour rénover des infrastructures.

Un autre axe de travail est l’accueil de grands événements, en sachant que ce sont des choses qui coûtent assez cher. Il faut donc prioriser. Cette année nous avons accueilli une étape du Tour de France avec notamment la montée du col du Granon. On a pu voir un nombre impressionnant de spectateurs sur le bord des routes. C’était un moment incroyable.

Arrivée au col du Granon – TDF 2022 © Patrick Domeyne

Et enfin le dernier axe de développement est le déploiement des sports de nature, avec notamment la refonte du Plan départemental espaces, sites et itinéraires (Pdesi) et la création de pôle multi-activités. L’idée est de monter en qualité en termes d’usage et de pratique. Cela concerne toutes les activités de pleine nature non motorisées. Le département a mandaté un bureau d’études pour recenser les activités proposées sur tous les territoires et savoir ce qu’ils voudraient mettre en avant. L’objectif est d’avoir une organisation départementale qui serait beaucoup plus lisible et visible pour le pratiquant. Concrètement, ces pôles existent déjà, mais l’idée est de mieux les organiser, et d’y améliorer l’accueil et l’information. Un autre point à éclaircir dans les sports de pleine nature, c’est la mesure de leurs retombées économiques. C’est pourquoi on travaille actuellement sur la mise en place d’un nouveau logiciel « Outdoor Vision », qui est en lien avec les montres connectées des pratiquants (Garmin et autres) et qui permet de récupérer les traces et établir des cartographies. À terme, l’idée et de travailler sur un observatoire des sports de nature, pour derrière les évaluer et mettre en place un aménagement cohérent.

  • Où en est-il 1 an après son application ?

Un an après, on met en pratique tout ce que l’on a soulevé d’important. On est en train surtout de se rendre compte de la faisabilité et de se mettre à jour si besoin. C’est quelque chose qui est un peu long, car parfois on se rend compte que certaines choses ne pourront pas se faire ou se faire différemment. Mais c’est très important de pouvoir mettre en lien tous les acteurs du sport et de travailler ensemble pour faire avancer le sport, surtout avec le terrain de jeu formidable que nous avons dans le département ! En plus des choses déjà évoquées, il y a bien entendu le label « Terre de Jeux », en vue de la prochaine olympiade. L’objectif est de mettre en lien les collectivités pour développer le sport et faire un focus sur le département. Ceci d’autant plus avec nos trois Centres de Préparation aux Jeux (ndlr : canoë-kayak à l’Argentière-la-Bessée, escalade à Briançon et VTT à Montgenèvre), avec lesquels on a beaucoup de chance de recevoir des délégations pour qu’ils viennent s’entraîner chez nous.

Mondial escalade Briançon © Patrick Domeyne
  • Quelles sont les prochaines échéances ?

La prochaine échéance, c’est de mettre en avant Terre de Jeux et recevoir des délégations, mais aussi arriver à Paris 2024 avec un schéma des sports qui soit au maximum élaboré et que l’on ait pu le développer et le mettre en pratique sur tout le territoire.